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Selon l'Autorité des marchés financiers (AMF), les épargnants qui ont investi dans des Organismes de placement collectif de valeurs mobilières (OPCVM) pourraient perdre «plusieurs centaines de millions d'euros» à cause du financier Bernard Madoff, accusé d'avoir monté une fraude de 50 milliards de dollars. Ces produits d'épargne sont gérés par une institution financière (banque, compagnie d'assurance ou société de gestion indépendante). Aucun OPCVM n'avait confié directement ses actifs à des entités liées à l'escroc américain, note l'AMF. Mais, selon le régulateur de la Bourse française, plusieurs dizaines de fonds français, appartenant à des sociétés de gestion de tous types et à de riches investisseurs particuliers, ont investi dans des fonds européens susceptibles d'avoir été exposés. L'AMF cite en particulier le cas de «plusieurs fonds d'investissements coordonnées» luxembourgeois et irlandais qui pourraient être impactés. A ce jour, ces fonds n'ont pas divulgué «l'existence de pertes» et encore moins leur «ampleur». Il est encore impossible d'évaluer les risques encourus par les investisseurs particuliers. L'AMF évoque toutefois des impacts de «proportions variables» pour les sociétés de gestion françaises et leur demande de suspendre leur valeur liquidative le temps d'évaluer l'impact. Le régulateur ne précise pas non plus quels types d'épargnants (particuliers fortunés, ménages ou encore entreprises) sont concernés.
Selon les chiffres de l'Association française de gestion financière, près de 1 500 milliards d'euros étaient investis dans des OPCVM, dont 172,3 milliards par les ménages fin 2007. Le produit intérieur brut français s'élevait, à la même époque, à 1 900 milliards d'euros.
Ces dernières révélations de l'AMF s'ajoutent aux estimations des pertes potentielles des banques françaises. Suite à la mise en liquidation de la société de Bernard Madoff, lundi, les victimes de l'escroc sont en effet plus nombreuses chaque jour. Mais toutes n'ont pas été dupes de la bonne réputation de Madoff. La Société générale, comme les banques américaines, s'en était éloignée depuis longtemps. Après un audit sur la stratégie d'investissement de Bernard Madoff, la banque française s'était étonnée des résultats affichés par le financier. Elle aurait ainsi décidé dès 2003 de ne plus traiter avec la société de l'escroc. Un retrait qui expliquerait que la Société Générale soit seulement exposée à environ 10 millions de dollars, contre 350 millions pour BNP Paribas et 450 millions pour Natixis. Au total, la facture pourrait s'élever à un milliard d'euros pour les banques françaises.
Le Figaro