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Bienvenue à toutes et à tous sur mon blog politique. Vous y trouverez mes textes ou ceux de mes collaborateurs, des articles intéressants, des munitions idéologiques, des blagues pour vous détendre un peu dans ce monde de brut, et quelques photos et imag

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Et oui, ça se passe en France

La fiancée du pasteur défigurée par ses rivales

Léa a été aspergée d’acide. Son union avec le pasteur d’une communauté évangélique venait d’être annoncée. Suspectées d’avoir empêcher le mariage, deux femmes, membres d'une "Eglise" voisine, ont été mises en examen et écrouées.

Du joli visage de Léa, seule la moitié droite est restée intacte. Aspergée d’acide sulfurique concentré le 16 septembre dernier au soir, devant son domicile parisien, la jeune Ivoirienne de 29 ans se plaint à peine. « J’avais une grosse écharpe. Je portais des extensions dans les cheveux. Une mèche protégeait ma figure, énumère-t-elle d’un mince filet de voix.

Et puis j’habite à deux pas d’un hôpital. Quand ils m’ont vue arriver en hurlant, les médecins m’ont tout de suite prise en charge ». Pour cette coquette qui, jadis, aimait « s’habiller, se maquiller, se coiffer », se soumettre à la vue des autres est devenu un supplice. « Même à mes deux enfants, je n’ose pas montrer ce visage », dit-elle.

«Cette agression était peut-être le prix de mon mariage »

Le dimanche 14 décembre, le temps de son mariage religieux, Léa a dû affronter deux cents regards. Ceux des fidèles de la Mission chrétienne des élus de Dieu, dont Mathias, son époux de 34 ans, est l’« apôtre », et aussi ceux des membres des communautés évangéliques voisines, venus soutenir le couple. La grande salle de prière, installée à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), était pleine à craquer. « J’ai reçu beaucoup de cadeaux et d’amour, dit Léa. Cela m’aide. » Depuis, le couple s’est installé dans un modeste appartement de Châtenay-Malabry. Pendant que son pasteur de mari, qui est aussi agent de sécurité, travaille, Léa reste à la maison. Elle se sent « parfois très en colère, parfois très abattue », confie-t-elle.
Dans le cadre de l’instruction confiée au juge parisien Philippe Jourdan, deux femmes concentrent, pour l’instant, tous les soupçons. La première, Claudine, une Ivoirienne de 45 ans, est la « prophétesse » du Ministère évangélique pour la délivrance des âmes et pour la grâce, une communauté évangélique voisine de celle de Mathias à Saint-Denis. Ce dernier, qui dit connaître Claudine depuis 1985, la présente comme « une relation de travail et une amie ». La deuxième suspecte, Chantal, est considérée par tous comme la « fille spirituelle » de Claudine. Secrètement amoureuses de l’apôtre Mathias, les deux femmes auraient-elles agressé ensemble Léa pour empêcher le mariage ? C’est une des pistes envisagées par l’enquête. Mises en examen pour « violences volontaires ayant entraîné une mutilation ou une infirmité permanentes », Claudine et Chantal sont incarcérées depuis quelques semaines. Leurs auditions, pleines de contradictions, n’ont pas encore permis de déterminer le rôle joué par chacune.
Ensemble le soir des faits, Chantal et Claudine nient leur participation à l’agression, chacune accusant l’autre d’avoir pu la commettre. Mais leurs téléphones ont parlé : au moment où Léa allait recevoir le jet d’acide, vers 22 h 10, l’une était sur place, l’autre à proximité immédiate. Autre mystère : au lendemain du drame, alors que Léa est plongée dans le coma, une lettre de menace parvient à son domicile. Elle est écrite par Chantal. « C’est Claudine qui me l’a dictée », se défend cette dernière.
Longtemps évasive, Léa est à présent certaine d’avoir été agressée par Claudine. Mathias, lui, affirme qu’il serait « très étonné » si une telle hypothèse se vérifiait. Quant à Chantal, non seulement Léa ignorait son existence, mais Mathias s’était bien gardé de lui dire qu’avant elle c’est à cette jeune femme qu’il avait proposé le mariage, et qu’elle avait préféré y renoncer en raison de menaces. Le 31 août, quand les fiançailles de Léa et Mathias sont officiellement annoncées, des coups de téléphone anonymes commencent d’ailleurs à pleuvoir au domicile de Léa, qui décide de ne pas en tenir compte. Quelques jours plus tard, elle croise « par hasard » Claudine non loin de son lieu de travail. Après l’avoir félicitée, la prophétesse lui demande ses coordonnées. Léa, confiante, va jusqu’à lui donner le code de son immeuble. « Je me dis que cette agression était peut-être le prix de mon mariage », lâche-t-elle, aujourd’hui, dans un souffle.

 

Le Parisien

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