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Un "exercice d'état-major" pour roder la coordination de l'action en cas d'attentats

La ministre de l'Intérieur Michèle Alliot-Marie lors d'une réunion de crise durant un exercice de simulation d'attentats, le 22 décembre 2008

Sept attentats virtuels, dont un double, perpétrés simultanément lundi à Paris, en banlieue, à Lyon et Marseille, faisant 103 morts dont 10 terroristes et 312 blessés, ont servi de trame à un "exercice d'état-major", sous la houlette de Michèle Alliot-Marie.

La ministre de l'Intérieur en avait décidé la tenue après les multiples attentats meurtriers de Bombay, le 26 novembre dernier.

Si "notre pays n'est pas plus menacé" que d'autres, a souligné la ministre, "nous devons être capables de nous adapter à tous les risques d'attentats et à toutes (leurs) formes", a-t-elle expliqué aux journalistes conviés Place Beauvau pour l'occasion.

L'exercice de lundi avait "pour but de tester notre capacité de réagir face à de multiples attentats simultanés sur l'ensemble de notre territoire", a précisé la ministre.

En vertu du "livre blanc" sur la défense et la sécurité nationale, c'est le ministère de l'Intérieur qui est chargé de la "conduite opérationnelle de la gestion interministérielle des crises" sur le territoire national.

Voilà pourquoi une "salle de crise" va être installée dans les locaux du ministère. Les travaux "vont débuter dans quelques jours et devraient s'achever à l'été 2009", a annoncé la ministre.

En attendant, c'est dans la salle des fêtes du ministère que se sont rassemblés lundi des représentants de la police, de la gendarmerie, du renseignement, de la Sécurité civile, mais aussi d'autres ministères (Affaires étrangères, Défense, Ecologie et Santé).

Un système de visio-conférence avait également été mis en place, en particulier avec les préfectures concernées. Des difficultés de liaison ont notamment été remarquées, en particulier avec celle de Lyon.

Sur le plan de la "capacité" de réaction, les limites ont été "quasiment" atteintes dans l'intervention policière spécialisée, a estimé la ministre.

En effet, selon le déroulement de l'exercice, les deux unités d'élite que sont le RAID (Recherche, assistance, intervention, dissuasion) et le GIGN (Groupe d'intervention de la gendarmerie nationale) ont dû engager presque l'ensemble de leurs effectifs.

Les GIPN (Groupe d'intervention de la police nationale) ont apporté leur concours, tandis que la BRI (Brigade de recherche et d'intervention) de la police judiciaire de la préfecture de police était entièrement mobilisée dans la capitale.

Dans un cas "comme celui-ci, il est vraisemblable que nous passerions à un +Vigipirate+ maximum", a reconnu la ministre de l'Intérieur, soit l'arrêt de la circulation aérienne, des transports en commun et la fermeture des établissements d'enseignement.

Lundi, "nous avons testé nos capacités de réaction, de communication, de coordination", a fait valoir Mme Alliot-Marie, précisant qu'en situation réelle, il faudrait "moins d'une heure" pour mobiliser ensemble les représentants des services concernés.

"Nous allons avoir un retour d'expérience à la fin de cet exercice" et vérifier en particulier "quelle est la durée de réaction de chacun, combien il aura fallu de temps, par exemple, pour que les places d'hôpitaux soient dégagées, ou pour que les renforts arrivent à tel ou tel endroit", a dit la ministre, concluant: "Nous en aurons un autre, avec tous les intervenants d'ici à une dizaine de jours pour voir où il y a des faiblesses".

 

AFP

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