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Le degré de sophistication des attaques islamistes fin novembre à Bombay montre que des "acteurs d'Etat" ont participé à leur préparation au Pakistan, a déclaré le ministre indien de l'Intérieur, avant une visite à Washington.
P. Chidambaram a précisé qu'il présenterait dans la capitale américaine un dossier détaillé à l'appui de ses allégations.
Depuis plus d'un mois, les autorités pakistanaises affirment n'avoir rien à voir avec le commando activiste d'une dizaine d'hommes qui a fait 179 morts dans la capitale financière de l'Inde entre le 26 et le 29 novembre.
"Cette opération a été dirigée par quelqu'un qui s'y connaît en matière de renseignement et d'opérations commando", a affirmé Chidambaram à la chaîne de télévision indienne NDTV.
"Et il ne peut s'agir de quelqu'un qui soit totalement étranger à l'appareil d'Etat. En fait, je suppose qu'il s'agit d'acteurs d'Etat ou liés à l'Etat, à moins qu'on puisse prouver le contraire", a-t-il ajouté.
"C'était un crime vraiment trop énorme, qui exigeait une préparation très minutieuse, des réseaux de communication, un soutien financier. C'était une opération très, très sophistiquée", a poursuivi le ministre.
"PREUVES ÉCRASANTES ET INCONTESTABLES"
Chidambaram a souligné que les preuves en sa possession étaient "écrasantes" et "incontestables" et qu'il les présenterait aux autorités américaines dans les prochains jours.
"C'est un dossier détaillé, appuyé par des éléments de preuve comme des interceptions de communications électroniques et des comptes rendus d'interrogatoires."
L'un des membres du commando islamiste est tombé vivant aux mains des forces de sécurité indiennes. L'homme, un certain Mohammed Ajmal Kasab, a reconnu être un ressortissant pakistanais originaire de la ville de Faridkot, ont affirmé les enquêteurs.
S'il arrive encore que le Pakistan serve de base d'attaque contre l'Inde, "le prix à payer sera énorme. Je le répète - énorme", a lancé Chidambaram à l'adresse des autorités d'Islamabad.
Malgré la guerre des communiqués qui se poursuit depuis plus d'un mois, les spécialistes estiment pourtant que les risques d'un affrontement direct entre les deux puissances nucléaires régionales se sont éloignés.
Le ministre pakistanais des Affaires étrangères, Shah Mehmood Qureshi, a jugé dimanche que les tensions avaient pu être "désamorcées".
"Des propositions positives de notre part ainsi que le rôle joué par nos amis et de grandes puissances dans la région comme au-delà ont permis ce résultat", a-t-il dit à des journalistes dans la ville de Multan.
Qureshi a précisé qu'il recevrait lundi le secrétaire d'Etat adjoint américain Richard Boucher.
Reuters