Bienvenue à toutes et à tous sur mon blog politique. Vous y trouverez mes textes ou ceux de mes collaborateurs, des articles intéressants, des munitions idéologiques, des blagues pour vous détendre un peu dans ce monde de brut, et quelques photos et imag
"Je me souviens de la banlieue populaire des années 60 ; issus de l'exode rural et de l'immigration, les travailleurs y vivaient en bonne intelligence, et dans le plein emploi aux usines Renault et Billancourt tout près.
Aucun racisme contre les anciens immigrés ; dans cette cité-dortoir sans passé, tous étaient fiers d'être originaires d'un ailleurs historique : breton, savoyard, italien, espagnol, polonais... Petite nuance pour les Noirs africains qu'on trouvait rigolo (comme dans Tintin au Congo) ; les Antillais un peu cons qui ne rêvaient que d'astiquer leur BM d'occase le dimanche sur le parking. les seuls qui posaient problème, déjà, c'était les Algériens qui se tenaient à l'écart dans la solitude, la peur, l'islam, la sonacotra, et dont les jeunes, peu nombreux encore, foutaient déjà la merde : agressions de postiers, glaviots, insultes...
Mais ce mélange tenait, fraternel, grâce à l'idéologie du travailleur collectif ; le respect de celui que l'on cotoie tous les jours sur le lieu de travail ; le travail partagé qui (...) abolit les préjugés. Cette solidarité ouvrière inculquée par le Parti qui s'opposait à l'ethnisme de droite aujourd'hui en vigueur chez les gauchistes. Un petit peuple des banlieues structurellement moins raciste que les petits bourgeois et les commerçants ; quant aux grands bourgeois, ils vivaient ailleurs, pour eux, comme toujours, la banlieue c'était du cinéma, voire de la science-fiction.
Alors que s'est-il passé ?
Crise du pétrole en 1973 et raréfaction de l'emploi (...). Pourquoi la raréfaction de l'emploi aurait-elle dissous la morale ouvrière, quand la morale ouvrière, faite de conscience et de solidarité de classe, venait justement de sa lutte contre la misère ?
En général c'est plutôt l'embourgeoisement qui dissout la morale et les solidarités. Or, le moins que l'on puisse dire c'est qu'en banlieue, depuis 1973, il n'y a pas eu d'embourgeoisement !
Le vrai changement vient du "regroupement familial" décrété par Giscard en 1974.
Alors qu'avec le "premier choc pétrolier", l'emploi devenait rare et l'immigration beaucoup moins necéssaire à l'économie nationale ; alors que la continuation de la politique gaullienne eût été de renvoyer chez eux ces travailleurs exploités, avec pécule et savoir-faire, le gouvernement de droite de l'époque, contre toute logique, décréta l'aberrant "regroupement familial". Dorénavant ces travailleurs solitaires, maintenus jusqu'à la isolés de la population française, auraient le droit de faire venir leur femme, et tous les fils qui naîtraient de ces esclaves humiliés et de leurs épouses brutalement déportées deviendraient français !
Bombe à retardement, quand on songe que tout ces z'y va qui pourissent aujourd'hui l'ambiance seraient encore dans les couilles de leur père !
Décision étrange, prétenduement humaniste, qui a changé pour toujours le visage de la France et qui est peut-être en train de la foutre en l'air.
Bêtise ou... stratégie ?
Une fois de plus la bourgeoisie française qui vit depuis toujours dans la terreur de son peuple de gauche (1793, 1848, 1871, Pétain...), choisit la politique du pire pour ne pas avoir à rogner sa rente et partager les richesses...
Le regroupement familial ne fut pas une naïveté humaniste de grand bourgeois qui plane, mais un projet pervers dégeulasse : transformer les banlieues rouges (...) en banlieue beurs.
Car on ne dira jamais assez à quel point la maghrébisation, l'africanisation, la tiers-mondisation de la France ont fait baisser vertigineusement le niveau de civisme (...). A quel point ce recul du niveau de conscience démocratique fut voulu par le patronat et le pouvoir : des voyous et des abrutis plutôt que des ouvriers conscients de leurs droits... et de leurs devoirs. Il y eut un procès Pétain, on peut rêver d'un procès Giscard."
Source : Alain SORAL - Titre : Jusqu'où va-t-on descendre - Page : 39-42