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Bienvenue à toutes et à tous sur mon blog politique. Vous y trouverez mes textes ou ceux de mes collaborateurs, des articles intéressants, des munitions idéologiques, des blagues pour vous détendre un peu dans ce monde de brut, et quelques photos et imag

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Éric Besson, la promotion d’une migration

L’ex-socialiste devenu secrétaire d’Etat devrait succéder à Hortefeux au ministère de l’Immigration. Ce matin, il réunit Sarkozy, Merkel et Blair pour un colloque sur le «nouveau capitalisme».


Eric Besson.

Eric Besson. (Charles Platiau / Reuters)

 


L’apothéose de «Monsieur Besson». Ce matin, à l’Ecole militaire de Paris, l’ex-dirigeant socialiste débauché par Nicolas Sarkozy aura le privilège d’introduire, en présence de Tony Blair et d’Angela Merkel, un grand colloque où doivent être explorées les voies de régulation d’un «nouveau capitalisme» (lire aussi page 17). Et ce n’est pas tout : en récompense de ses bons services, Eric Besson, secrétaire d’Etat chargé de la Prospective, devrait rapidement monter dans la hiérarchie gouvernementale. Nicolas Sarkozy veut lui confier le portefeuille de l’Immigration et de l’Identité nationale, laissé vaquant par Brice Hortefeux qui, dans une quinzaine de jours, aura été muté au ministère du Travail. Décidément très en cour à l’Elysée, l’ancien député socialiste de la Drôme pourrait aussi, dans la foulée, être propulsé à la direction de l’UMP comme adjoint du nouveau secrétaire général, Xavier Bertrand.


Affront. Ministre, dirigeant du parti majoritaire, animateur de la réflexion sur la refondation du capitalisme, Eric Besson deviendrait incontournable. Une revanche sur Ségolène Royal qui l’écrasa de son mépris en lançant devant les caméras son célèbre «qui connaît Monsieur Besson ?» C’était en février 2007. Besson, secrétaire national du PS, avait démissionné peu après cet affront. Trois mois plus tard, il passait au service du candidat UMP, celui-là même qu’il avait qualifié de «néoconservateur américain à passeport en français» dans un document de campagne du PS.

Du chef de l’Etat, Besson assure aujourd’hui qu’il est «celui qui incarne le mieux le blairisme» parce qu’il «fait bouger les lignes politiques» sans être «prisonnier de dogmes». Avec le colloque qu’il inaugure ce matin, le secrétaire d’Etat estime qu’il démontre «la cohérence» de son parcours politique. La présence de Tony Blair est à ses yeux la garantie de sa fidélité au camp réformiste. L’an dernier, dans le grand amphithéâtre de la Sorbonne, l’ex-Premier ministre britannique avait déjà accepté de parrainer le lancement du club de Besson, «les Progressistes», censé nourrir la réflexion sur «la régulation du capitalisme». Aujourd’hui, Besson souligne qu’il aura la satisfaction d’accueillir à son colloque Michel Rocard, «celui qui m’a donné envie de faire de la politique autour du réformisme de gauche».

Il a séduit Nicolas Sarkozy. Et ses collègues du gouvernement sont sous le charme. Xavier Darcos loue la «subtilité» et la «finesse» de ses analyses. «C’est un homme qui lit beaucoup, on s’échange des bouquins.» Et quand on lui demande à quoi sert l’ouverture, Darcos répond : «Ça sert à avoir Besson au gouvernement.»

Ses anciens camarades ne se sont pas privés de le bousculer à l’Assemblée nationale. Des «traître», «félon», «Ganelon», «à la soupe !», ont été scandés depuis les bancs du PS. Aujourd’hui, les dirigeants socialistes refusent de s’exprimer sur celui qui fut l’un des plus proches collaborateurs de François Hollande : «On a tout dit sur sa trahison. Tout commentaire serait un honneur. En plus, comme il est paranoïaque, il le prendrait comme un trophée», explique l’un d’eux. Sur l’éventuelle promotion ministérielle du secrétaire d’Etat, le même ajoute : «Il paraît qu’il va finir à l’Identité nationale ! Il sera allé jusqu’au bout… Il vit son ralliement à Nicolas Sarkozy sur le mode christique… Ce qui est un comble pour un Judas !»


Amateur de foot. Succéder à Hortefeux, trahison suprême ? On ne l’a pas entendu sur les tests ADN pour les candidats au regroupement familial. Rien non plus sur les expulsions d’enfants scolarisés en France. «Je suis dans un gouvernement, solidaire de son action», martèle Besson qui ne veut pas commenter sa promotion tant qu’elle n’est pas officielle. «Il y a un coach, c’est lui qui décide de faire jouer en attaque ou en défense», élude ce grand amateur de foot, auteur d’un rapport sur l’économie des clubs français. S’agissant de l’immigration, il soutient qu’il n’y a qu’une politique possible car «personne ne conteste sérieusement que l’intégration passe par une immigration maîtrisée». Le fait que le «pacte» présenté par Hortefeux a été «unanimement adopté» par les pays de l’UE en est à ses yeux la démonstration. Selon son entourage, l’expert en question économique Besson ne craint pas d’assumer une mission où il ne serait, au fond, «pas du tout à contre-emploi». Né au Maroc d’une mère d’origine libanaise et d’un père militaire décédé avant sa naissance, il n’a rejoint la France qu’à 17 ans. Il a récemment remis à François Fillon un rapport «sur la contribution des migrants à l’essor de leurs pays d’origine» et la géographe Sylvie Brunel, son épouse, est une spécialiste de l’action humanitaire et du développement de l’Afrique.

S’ils ne contestent pas sa promotion gouvernementale, certains sarkozystes se demandent ce que viendrait faire Besson à la direction du parti. «Un ministre d’ouverture à la tête de l’UMP, ce n’est plus un ministre d’ouverture.» Imparable logique.

 

Libération

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