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L'Association française de pédiatrie ambulatoire (Afpa) organise aujourd'hui et demain la 5e journée nationale de prévention et d'information sur l'obésité infantile. Détails avec Brigitte Virey, l'organisatrice de la journée.
Brigitte Virey est pédiatre à Dijon et membre de l'AFPA.
Pourquoi organiser une nouvelle journée sur l'obésité infantile?
Il y a toujours un enfant sur 5 en surpoids aujourd'hui en France. Le problème est assez disparate selon les régions. Même si l'on remarque une stagnation relative de ce chiffre, on remarque que, depuis peu, ce problème surgit de plus en plus tôt soit dès l'âge de deux ans. Cette année, nous souhaitons axer notre action sur l'importance d'un diagnostic précoce pour arriver rapidement à un équilibre alimentaire.
Comment peut-on détecter un problème d'obésité chez un enfant?
Il ne faut surtout pas se fier à l'impression visuelle. Certains jeunes enfants gardent leur ventre rond de bébé et souvent les parents trouvent ça mignon. Sauf que cela peut augurer d'un problème de surpoids. C'est difficile à repérer pour des parents. C'est pour cela qu'il est important d'emmener son enfant au moins une fois par an chez un médecin pour le peser et le mesurer.
Qui sont les enfants les plus exposés au surpoids?
Il y a une influence socio-économique très nette. Les familles aux revenus les plus bas sont les plus touchées. On préconise de revenir à une cuisine avec des produits de base, des fruits et légumes de saison. Et pour ces familles, ça reste cher. En outre, ces familles veulent toujours faire plaisir à leurs enfants. Alors que faire plaisir ne signifie pas donner une barre chocolatée. Mais ce qui les sauve, c'est qu'elles viennent facilement voir le pédiatre.
Les mesures prises par le gouvernement concernant les publicités télévisées ou la suppression des confiseries aux caisses des supermarchés ont-elles des effets?
L'arrêt des confiseries aux caisses, ça peut marcher parce que les enfants ne sont plus tentés de faire des caprices pour avoir des sucreries. Mais les avertissements sur les publicités n'ont pas d'impact. Les bandeaux préventifs sont trop petits. Il faudrait complètement arrêter ces publicités vantant les produits gras ou sucrés.
Pour terminer, s'il fallait donner un seul conseil aux familles, quel serait-il?
Si je ne dois en donner qu'un seul ce serait essayer de manger équilibré et surtout bouger.
La 5e journée nationale de prévention et d'information sur l'obésité infantile se déroule dans une centaine de villes en France. Retrouvez le programme sur le site de l'AFPA.
Libération