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Le passé judiciaire de Serge Tatoulian a refait surface hier devant le tribunal correctionnel de Lyon. Jugé pour le vol avec violences d’une Volkswagen Golf le 15 décembre dernier boulevard Stalingrad (Lyon 6e), ce sans-emploi de 44 ans avait écopé en 1993 d’une peine de 15 ans de réclusion criminelle, à la suite de la mort d’un automobiliste, à qui il venait de dérober la voiture.
Tête baissée, regard en berne, Tatoulian n’a guère éclairé les lanternes du tribunal. Peu ou pas d’explications sur ce qui l’a conduit à dérober cet après-midi d’hiver un véhicule, stationné en double file. « Je voulais faire un tour avec, j’ai pas réfléchi », a-t-il dit tout penaud. Dans des conditions étrangement proches des faits commis il y a quinze ans, il a alors tenté de fuir. Par tous les moyens. Bloqué dans les bouchons de sorties de bureau, il s’est fait rattraper par sa victime et un policier. Tous deux vont en être quittes pour une grosse frayeur. « Il a fait marche arrière, le policier s’est accroché à la portière, il s’est retrouvé coincé et a percuté d’autres voitures », a raconté hier le propriétaire de la Golf. Le fonctionnaire, qui n’était pas en service, sera gravement blessé. Le fuyard, lui, sera intercepté un peu plus loin.
« L’affaire aurait pu mal tourner et Monsieur n’en est pas à son coup d’essai », a déclaré le procureur Cabut, requérant 30 mois de prison. Plaidant une misère familiale, la défense a décrit un état « pas conscient » pendant le vol, « il était mal ». «Il a assez payé. Sa place n’est pas en prison », a poursuivi son avocat. Après délibéré, le tribunal a sanctionné Tatoulian d’une peine de deux ans de prison dont un avec sursis et mise à l’épreuve pendant trois ans. Les victimes seront indemnisées.
Le Progrès