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Le 20 décembre dernier, à 2 heures, il y a la queue au drive-in d’une enseigne de restauration rapide située à Bron. Un client est occupé à regarder le menu et derrière, le suivant a très faim et il rumine. Il décide de le doubler mais un drive-in, ce n’est pas une autoroute.
Les deux voitures se touchent et le responsable de cette manœuvre inconsciente, qui pense que l’autre lui a bouché volontairement le passage, devient fou de rage. Il descend, ouvre la portière passager de l’autre véhicule, et assène des coups de pied à sa victime.
Pris au piège, ce dernier réplique en mordant au doigt son agresseur. Les deux protagonistes continuent d’en découdre sur le parking mais ils sont séparés par des témoins. Pas pour longtemps. L’agresseur revient peu après à la charge après avoir trouvé un objet métallique par terre, et assène avec cette lame un coup à sa victime qui était remontée dans sa voiture. Bilan : la joue et la cuisse sont lacérées.
Renvoyée le 22 décembre, l’affaire a été jugée hier au tribunal correctionnel, dans le cadre des comparutions immédiates. La victime, père de deux enfants, porte encore les stigmates de l’agression, et ne comprend toujours pas ce qui lui est arrivé.
Face à elle, Okba H, 24 ans, a un casier déjà chargé qui ne plaide pas en sa faveur. En rupture professionnelle et familiale, il présente un parcours chaotique qui explique mieux la violence qu’un petit creux dans l’estomac. Et il parvient à exprimer un repentir et des excuses qui semblent sincères.
Cela n’empêche pas le procureur de la République de rester « stupéfait devant une telle scène qui aurait pu très mal se terminer », et de dénoncer « cette violence gratuite qui choque tous les concitoyens ». Ses réquisitions ont été suivies par le tribunal qui a condamné le prévenu à deux ans de prison dont 6 mois avec sursis et mise à l’épreuve, assortis d’une obligation de soins et de travail, et d’un maintien en détention. Une expertise médicale a été sollicitée pour chiffrer le préjudice de la victime.
Le Progrès