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L'Inde a pour la première fois accusé directement les services secrets pakistanais d'être derrière les attentats islamistes de Bombay fin novembre 2008, rapporte la presse vendredi.
"Les organisateurs (de ces attaques) sont et demeurent des clients et des créations de l'ISI (Inter-services intelligence)", les services de renseignements du Pakistan, a déclaré jeudi à Paris le secrétaire indien aux Affaires étrangères, Shivshankar Menon, dans un discours prononcé à l'Institut français des relations internationales et repris par des médias locaux.
Début janvier, New Delhi avait transmis à Islamabad et à une quinzaine de chancelleries un dossier de preuves "accablantes" montrant que les attaques de Bombay du 26 au 29 novembre avaient été planifiées, préparées et pilotées depuis le Pakistan, avec "probablement" la complicité passive de hiérarques de ce pays.
Le Premier ministre Manmohan Singh avait carrément accusé des "agences officielles" de l'Etat pakistanais --c'est-à-dire, sans les désigner explicitement, les services secrets-- d'avoir apporté leur "soutien" à ces attentats.
New Delhi, Washington et Londres imputent ce carnage (174 tués, dont 26 étrangers et neuf des dix assaillants) au Lashkar-e-Taïba (LeT), un groupe islamiste armé clandestin pakistanais actif au Cachemire. Mais les Etats-Unis et la Grande-Bretagne ne croient pas à l'implication d'officines de l'Etat pakistanais.
Le Pakistan a nié en bloc, mène sa propre enquête et a fait arrêter de nombreux membres d'une association caritative proche du LeT.
M. Menon a répété que le voisin de l'Inde était "l'épicentre du terrorisme international" et que son pays souffrait directement "d'organisations terroristes transfrontalières" profitant de "soutiens et sponsors officiels".
Le numéro deux de la diplomatie indienne a aussi prévenu que continuer à vendre des armes au Pakistan --allié des Etats-Unis dans leur "guerre contre le terrorisme"-- "équivalaient à donner du whisky à un alcoolique (ou) de la drogue à un toxicomane".
Depuis les attentats de Bombay, l'Inde déplore que les Occidentaux n'exercent pas plus de pressions sur le Pakistan, un pays que les Etats-Unis et la Grande-Bretagne ménagent de peur qu'il n'implose.
AFP