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"L'alliance avec les Etats-Unis et l'alliance avec l'Europe ne mettent pas en cause l'indépendance de mon pays", a lancé samedi le président français Nicolas Sarkozy lors de la Conférence sur la sécurité de Munich, en Allemagne. "Voilà ce que j'expliquerai aux Français le moment venu, et ce moment approche", a-t-il enchaîné alors que la France et l'Allemagne s'apprêtent à accueillir le sommet du 60e anniversaire de l'Alliance atlantique, les 3 et 4 avril prochains.
Nicolas Sarkozy a ainsi déclaré qu'il conduirait d’ici là un débat avec les Français sur la normalisation des relations entre la France et l'Otan. "D'ici au sommet de Strasbourg-Kehl, nous aurons un débat en France", a-t-il ajouté. "C'est un débat que je conduirai comme toujours avec l'esprit de franchise et de droiture vis-à-vis du peuple français."
Le vice-président américain Joseph Biden a salué les annonces du président français. La France a en effet quitté en 1966 les structures de commandement de l'Otan au nom de son indépendance, lorsque le général Charles de Gaulle la présidait. Selon des informations récemment publiées par la presse, Paris et Washington auraient abouti à un accord de principe sur l'attribution à la France de deux commandements de l'Otan. Cet accord de principe, s'il se confirme, doit cependant être approuvé par l'ensemble des autres membres de l'Alliance atlantique.
Lors de la conférence de Munich, Nicolas Sarkozy a également déclaré qu'il ne "croit pas que la Russie d'aujourd'hui soit une menace militaire pour l'UE et l'Otan" et a appelé à davantage de confiance entre la Russie et l'Europe. Pour lui, il n'est pas imaginable qu'"un pays qui a de tels problèmes démographiques soit porté à une agressivité militaire avec ses voisins". Et de repousser tout soupçon de "faiblesse" ou "d'intérêt" de la part de Paris à cause du gaz russe, car "la France, grâce au nucléaire, est indépendante en matière d'énergie".