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Bienvenue à toutes et à tous sur mon blog politique. Vous y trouverez mes textes ou ceux de mes collaborateurs, des articles intéressants, des munitions idéologiques, des blagues pour vous détendre un peu dans ce monde de brut, et quelques photos et imag

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Emmaüs, protecteur des clandestins

La communauté Emmaüs ne décolère pas. Mardi, au lendemain de l'arrestation d'un compagnon sans-papier à Marseille, le responsable de l'antenne de la Pointe-Rouge, Kamel Fassatoui a été placé en garde à vue et l'endroit a été perquisitionné pour rechercher d'autres clandestins. Une méthode symbole d'une dérive que le mouvement fondé par l'Abbé Pierre entend dénoncer.

"Quand quelqu'un est à la rue, dans une situation d'urgence et de détresse, on ne va tout de même pas lui demander ses papiers!" Cette phrase, c'est Nicolas Sarkozy qui l'avait lancée en octobre 2007. Depuis lundi, elle prend une résonnance particulière. Car à Marseille, ce grand principe d'accueil inconditionnel a été mis à mal. Retour sur les faits. Lundi donc, un sans-papiers prénommé Hamid* est interpellé dans le cadre d'un contrôle d'identité. Le lendemain, Kamel Fassatoui, responsable de la communauté d'Emmaüs de Marseille Pointe-Rouge, est convoqué par la police de l'Air et des Frontières (PAF). "Quand je suis arrivé dans les locaux, on m'a signifié ma garde à vue, raconte l'homme au JDD.fr. J'ai cru à une plaisanterie." Et pourtant...

Interrogé par deux officiers, Kamel Fassatoui doit répondre sur le fonctionnement et le financement de sa communauté. "J'ai eu l'impression qu'Hamid n'était qu'un prétexte", assure l'homme, ensuite sommé de donner les noms des éventuels compagnons de sa communauté qui seraient sans-papiers. Refus du responsable. Les policiers, sur ordre du procureur, procèdent alors à la perquisition des locaux du mouvement. "Ils ont demandé les dossiers administratifs des compagnons portant des noms à consonance étrangère, hors espace Shengen", s'indigne Kamel Fassatoui. Ce dernier sera libéré à l'issue de cette perquisition "traumatisante". Il ne sait pas à l'heure actuelle si des charges sont retenues contre lui.

"On sent bien qu'il y a une sorte d'acharnement sur ce public-là"

L'émotion suscitée dans les rangs d'Emmaüs est profonde. Mercredi après-midi, les magasins du Sud-est de la France ont fermé en signe de solidarité. "Même quand l'Abbé Pierre est mort, on n'avait pas fermé", assure Kamel Fassatoui. L'indignation est aussi forte au sujet du fond de l'affaire que de sa forme. "Criminaliser des lieux d'accueil, qui ne font que leur travail, c'est cela qui nous choque le plus," explique Teddy Roudaut, chargé de communication d'Emmaüs France, joint par leJDD.fr. En outre, ce n'est pas la première fois que de tels faits arrivent. En 2007, à Foulain (Côte d'Or), des policiers avaient procédé à des contrôles d'identité à l'intérieur même de la communauté Emmaüs locale. Il y a quelques jours, un compagnon sans-papiers handicapé avait été arrêté alors qu'il se trouvait à la CPAM pour renouveler ses droits. "Le problème, c'est qu'on commence désormais à s'attendre à ce genre d'opérations. On sent bien qu'il y a une sorte d'acharnement sur ce public-là", affirme Teddy Roudaut.

Très remonté, Kamel Fassatoui s'interroge sur les motivations du procureur qui a ordonné la perquisition. "C'est une décision politique, estime-t-il. Peut-être M. Besson (Nouveau ministre de l'Immigration, ndlr) veut-il marquer son arrivée et faire plus fort que M. Hortefeux. Peut-être aussi est-ce de l'intimidation et un signal fort envers toutes les associations qui viennent en aide aux sans-papiers. Ce n'est certainement pas anodin." Emmaüs réfléchit désormais à une riposte. Le Mouvement fondé par l'Abbé Pierre a déjà reçu le soutien d'associations telles que Médecins sans frontières, l'Armée du salut, la Cimade ou Ligue des droits de l'Homme. Tous se réuniront ce vendredi à 14 heures pour décider des suites à donner à l'affaire. "On fera quelque chose de très très fort", prévient Kamel Fassatoui.


*Détenu au centre de rétention du Canet, Hamid, qui réside en France depuis huit ans, dont les trois dernières années à Emmaüs, devrait être explusé dans les quinze jours, selon la décision du Tribunal de grande instance rendue ce jeudi. Le Mouvement, qui avait réclamé une assignation à résidence, devrait faire appel.

JDD
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