Bienvenue à toutes et à tous sur mon blog politique. Vous y trouverez mes textes ou ceux de mes collaborateurs, des articles intéressants, des munitions idéologiques, des blagues pour vous détendre un peu dans ce monde de brut, et quelques photos et imag
Touché, mais pas coulé. Il s’agit là de la seule certitude concernant Le Triomphant, trois semaines après que le fier sous-marin nucléaire lanceur d’engins (SNLE) a percuté de plein fouet un autre submersible, britannique, lui aussi chargé jusqu’à la coque de bombes atomiques. Jeudi matin, le commandant Jérôme Erulin, porte-parole de la Marine nationale, confiait que « les investigations sont toujours en cours afin de déterminer les dommages ». Aucun commentaire, donc, sur les informations rapportées, jeudi toujours, par notre confrère Ouest-France, indiquant que le sous-marin s’était non seulement pris un coup sur le nez, au niveau du dôme de protection de son sonar, et que le kiosque (la structure d’où émerge le périscope notamment) ainsi que la barre de plongée tribord avaient également été touchés. Selon le commandant Erulin, les réparations dureront au moins « plusieurs mois ».
Cette indisponibilité temporaire pose un casse-tête – relatif mais tout de même épineux – à la Royale. Car le Triomphant est un des trois sous-marins constituant la composante majeure de la dissuasion nucléaire, en clair, à même 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 de cracher le feu atomique en un point du globe sur ordre du président de la République. « En aucun cas la capacité de dissuasion n’a été remise en cause à la suite de cet incident, martèle Jérôme Erulin. Et actuellement, celle-ci est assurée conformément au contrat opérationnel qui impose qu’au moins un SNLE soit à la mer en permanence ».
Le Triomphant est donc en réparation, un autre en révision, un troisième en mission (et le quatrième, le Terrible, effectue ses essais et ne sera opérationnel qu’en 2010). Mieux vaut donc que le bâtiment français sur lequel repose aujourd’hui la dissuasion nucléaire tricolore ne croise pas de trop près un autre submersible britannique, ou autre
L’affaire, en tout cas, embarrasse la défense à double titre. D’abord parce que tout ce qui touche à la dissuasion nucléaire est classé « secret défense », gage d’efficacité, et interdit donc toute communication précise. Ensuite parce que cette collision entre deux sous-marins est extraordinaire, mais pourrait bien se reproduire. Les deux bâtiments se sont heurtés lors d’une « patrouille diluée », en pleine mer et en plongée. Aucun n’a entendu l’autre s’approcher, leur force résidant dans leur discrétion quasi parfaite.
Seule solution pour empêcher la réédition d’une telle embrassade par grands fonds : informer nos alliés, dont les Anglais, des mouvements de nos sous-marins. Tout simplement impensable, dissuasion oblige. Et un officier de confier : « Il est moins dangereux de percuter un submersible britannique que d’échanger des informations avec la Perfide Albion. » Humour garanti 100 % grand large.
France Soir