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«On s'est dit encore une voiture qui brûle. Je suis sortie. Les flammes étaient immenses...» : La Voix du Nord
Un mauvais coup supplémentaire porté au quartier. Ce mercredi matin, 9 h 30. Catherine, qui habite juste en face de l'école Sainte-Clotilde contemple les dégâts. « J'étais couchée. J'ai entendu un bruit très fort, comme une explosion de pneus de voiture.
Alors je me suis dit encore une voiture qui brûle. On commence à avoir l'habitude dans le quartier. Et puis je suis sortie dans la rue. Il y avait des flammes immenses qui montaient jusqu'au-dessus du toit de l'école. Le feu a pris très vite. C'était très impressionnant. » Et dans le quartier, même si cet événement n'a aucun lien avec la fusillade du 8 février dernier (lire en page 5), les riverains s'inquiètent néanmoins : « Avant l'école était l'endroit où les enfants pouvaient se sentir en sécurité. Aujourd'hui, ils auront peur même à l'intérieur de l'école. Ce n'est pas juste pour eux. On ne se sent plus en sécurité dans le qu artier. » Un avis que partage un autre habitant : « Aujourd'hui j'ai très peur pour mes enfants, pour leur sécurité et aussi parce qu'ils n'ont plus d'école. Ma fille pleurait ce matin, elle ne comprenait pas ce qui se passait. J'ai peur d'habiter ici aujourd'hui. » Emmanuelle, ancienne élève de l'école, poursuit : « On pourrait appeler cette rue la rue du Rodéo, ce n'est pas nouveau ici. Je suis triste aujourd'hui car cette école me rappelle pleins de bons moments. Mon neveu est scolarisé ici et il pleurait ce matin. Des événements pareils, ça chamboule tout un quartier. »
Un quartier au demeurant déjà sous tension à la suite des événements de ces dernières semaines.
Hier matin, habitants et parents étaient massés devant la façade de l'école noircie, éventrée. « C'est à en pleurer ». Marie- Odile Vautrin, conseillère municipale, élue du quartier de la Bourgogne, est « complètement retournée » devant le désastre qui a ravagé une partie de l'école où sont scolarisés ses trois petits-enfants. Elle peine à contenir ses larmes. « Ça fait trente ans que j'habite le quartier, je n'ai jamais vu ça, c'est triste ». Également sur les lieux, Alain Mezrag, adjoint au contrat urbain de cohésion sociale, dresse un constat : « Aujourd'hui, il y a des jeunes qui posent de réels problèmes dans le quartier. La situation de l'emploi est critique. J'ai plusieurs fois demandé la mise en place d'un plan Marshall qui permettrait de travailler sur les conséquences de la délinquance et remettrait en cause les politiques sociales. »
la Voix du Nord