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Selon la Direction nationale antimafia située à Rome, la VoIP aurait permis aux trafiquants d'armes et de drogue, ainsi qu'aux réseaux de prostitution, de communiquer en toute discrétion depuis des années. Cette autorité italienne de lutte contre la mafia a donc contacté l'agence de coopération judiciaire de l'Union européenne, Eurojust, pour lui demander d'évaluer les moyens techniques et légaux de mise sur écoute des conversations passées sur Internet.
"EMPÊCHER LES CRIMINELS D'UTILISER SKYPE"
Dans un communiqué, Eurojust annonce que son bureau italien va "jouer un rôle-clé dans la coordination et la coopération d'enquêtes sur l'utilisation de systèmes de VoIP comme Skype, pour lever les obstacles techniques et judiciaires à l'interception des conversations téléphoniques via des systèmes de téléphonie sur Internet, en prenant en compte les diverses règles de protection des données et droits civils". "Notre objectif n'est pas d'empêcher les utilisateurs de tirer profit de la téléphonie par Internet, précise l'organisme, mais d'empêcher les criminels d'utiliser Skype et d'autres systèmes pour planifier et organiser leurs actions illégales."
Cette bataille s'annonce rude : Skype a refusé jusqu'à présent de donner des informations sur le cryptage qu'il utilise, gage de confiance auprès de ses utilisateurs. Si l'objectif affiché est "d'empêcher les criminels d'utiliser Skype et d'autres systèmes pour planifier et organiser leurs actions illégales", donner aux autorités l'accès aux conversations cryptées sur Skype soulève de nombreuses questions. Comment serait appliquée une telle mesure en France, qui serait chargé de l'écoute de ces conversations et comment garantir "les diverses règles de protection des données et droits civils" auxquelles fait allusion Eurojust ?
Comme le rappelle le site spécialisé NetEco, les conversations des utilisateurs Chinois de Skype ont déjà été filtrées par le fournisseur d'accès à Internet chinois TOM Online. Sous la pression de Bruxelles, Skype, qui s'est dit prêt à collaborer, pourrait bien se laisser déchiffrer par les autorités.
Le Monde