Une plainte collective, regroupant une trentaine de dossiers de victimes des fauteuils ayant entraîné des réactions allergiques, a été déposée fin janvier au parquet de Meaux (Seine-et-Marne) à l'encontre de Conforama, a-t-on appris vendredi de sources concordantes.
Une plainte "a été déposée fin janvier par un avocat à l'encontre de Conforama", dont le siège est basé en Seine-et-Marne, a dit à l'AFP le parquet de Meaux, confirmant une information du Parisien.
Me Patrick Tillie, avocat du collectif Rouannez-Anna, qui regroupe les victimes du diméthylfumarate (DMF), a "déposé" la plainte pour "blessures involontaires", "mise en danger d'autrui" et "tromperie sur la qualité de la chose vendue", a précisé à l'AFP le cabinet de Me Tillie.
La direction de Conforama a expliqué de son côté "ne pas avoir été informée à ce jour" de cette plainte. Elle a précisé "traiter au cas par cas" les "530 dépôts de dossiers médicaux", rappelant que "sur 242 offres de règlement, 161 règlements ont été effectués", les autres étant "en cours".
"Au total, on recense 365 personnes concernées par des allergies en France et 14 décès suspects mais pour le moment cette plainte regroupe 30 personnes", a expliqué Claudette Lemoine, responsable du collectif basé dans le Nord. Elle a ajouté que "115 dossiers au total ont été déposés chez l'avocat".
Cette plainte "est collective" mais les dossiers "sont traités individuellement" car les victimes souffrent de "symptômes divers: brûlures, eczéma, douleurs musculaires, perte de cheveux, problèmes respiratoires ou encore démangeaisons", pour "47.000" fauteuils ou canapés "allergisants" vendus, a rappelé Mme Lemoine.
Le collectif Rouannez-Anna demande à Conforama la "destruction complète" de ces lots, qui n'ont pas été "automatiquement rappelés". Il a par ailleurs lancé lundi "une pétition nationale" afin de sensibiliser l'opinion publique.
"Nous avons également envoyé la pétition en Espagne, qui compte 200 victimes du DMF, concernées par des allergies liées à des lots de chaussettes et de chaussures", a précisé Mme Lemoine, avant d'ajouter que le collectif est actuellement en contact avec "une dizaine" d'autres pays européens concernés.
Les lots de fauteuil incriminés ont été retirés de la vente fin juin, à la suite de l'alerte d'un dermatologue, dont un des patients souffrait d'eczéma après avoir acheté un fauteuil de relaxation chez Conforama, qui contenait des sachets anti-moisissure à l'origine des allergies.
AFP