Une jeune chercheuse est en train de mener une étude sur l'exposition des producteurs de pommes aux pesticides qu'ils utilisent pour traiter leurs arbres.
Oui, et ce n'est pas très réjouissant. On comprend bien que la personne la plus exposée aux pesticides, c'est celle qui les manipule, c'est l'agriculteur. Il existe donc, depuis près de trois ans, des consignes de protection très précises. Mais au récit de cette chimiste toxicologue du Cémagref, on constate que, en fait, c'est insuffisant.
Or les pommes sont très fruits qu'on traite énormément. Herbicides, fongicides, insecticides. Les produits sont mélangés en bouillie, on dit comme ça, et pulvérisés sur les pommes une trentaine de fois dans l'année, entre mars et septembre. Soit l'agriculteur fait ça de son tracteur. S'il a une cabine de tracteur fermée, bien étanche, avec des filtres à air, filtres qu'il change souvent, dans ce cas-là, il n'est pas trop exposé. Mais si son tracteur est ouvert à l'arrière, ou s'il est à pied, avec son atomiseur dans le dos, alors là il doit porter une combinaison, des gants, un masque, des lunettes et des bottes. Et pas n'importe lesquels. Et puis ça ne s'enfile pas n'importe comment, ça ne s'enlève pas n'importe comment. Le ministère de l'Agriculture a mis toutes les consignes noir sur blanc, il y en a 42 pages ! Et certains produits sont tellement dangereux qu'on n'a pas le droit de remettre les pieds dans la parcelle dans les deux jours qui suivent le traitement !
Sans doute pas facile à appliquer avec rigueur ?
Oui, dans les faits, ce que voit cette chercheuse, c'est qu'ils sont nombreux à prendre leur sécurité à la légère, surtout les plus âgés. Faute de temps, par insconscience. Par exemple, on met deux jours de suite une combinaison jetable. Par exemple, en plein traitement, on répond à son portable, et le soir, le téléphone contaminé se retrouve sur la table, à côté de l'assiette de soupe du petit dernier...
L'info en plus : 600.000 agriculteurs français manipulent régulièrement des pesticides.
Europe 1