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La menace estudiantine a été faite lors d'un rassemblement de l'opposition organisé sur la place du 13 mai, haut lieu de la contestation de l'opposition.
Lundi, un étudiant de l'université a été arrêté dans le quartier universitaire d'Ankatso par la police lorsqu'elle tentait de se débarasser des barrages érigés par des manifestants voulant empêcher l'arrestation de deux dirigeants de l'opposition y habitant.
En revanche, les étudiants ont pris en otage un policier chargé d'arranger la circulation routière dans ce quartier, avant de le libérer après des négociations avec la police.
Les étudiants, qui ont pris la tête du rassemblement de mardi, ont aussi déclaré le quartier universitaire "zone rouge" pour les forces armées, avertissant qu'ils vont recourrir à "leur compétences intellectuels" pour empêcher l'intrusion des forces.
Samedi dernier, le chef de file de l'opposition Andry Ravalomanana a appelé, devant des milliers de ses partisans réunis à Antananarivo, à une grève générale à partir de lundi, et ce jusqu'à la démission du président Marc Ravalomanana.
Cet appel à la grève, peu suivi au premier jour du mouvement, a retrouvé sa vigueur un peu partout dans le pays.
Parmi les grévistes dans la capitale figurent les employés de Jirama, la seule société d'électricité à Madagascar. Celle-ci et la compagnie aérienne Air Madagascar sont les deux sociétés dont les directeurs généraux se voient demander de démissionner par Andry Rajoelina.
Rajoelina a aussi appelé les fonctionnaires et les zones franches à rejoindre les grévistes mercredi.
Outre la capitale, les activités grévistes se sont éparpillées dans d'autres provinces. Selon la radio Antsiva (privée), la grève générale a été très respectée à Ambositra, une région à 258 kilomètres au sud d'Antananarivo.
Les grévistes ont bloqué toutes les machines administratives à Ambositra, ainsi que la route nationale numéro 7 reliant le sud de Madagascar et la capitale, faisant fuir à l'ensemble des dirigeants de cette région.
A Toliara, une ville côtière à 950 km au sud-ouest de la capitale, une grande marche pour demander la libération du Sénateur Robert Razaka, arrêté par le gouvernement la semaine dernière, a été reportée pour mercredi à cause d'une pluie torentielle qui s'y est abattue mardi.
Par ailleurs, la grève a aussi été observée dans les provinces comme Mahajanga (nord-ouest) et Fianarantsoa (sud-est), a révélé le site internet local Sobika.
Le bras de fer entre le président Ravalomanana et Rajoelina a commencé à la mi-décembre après la fermeture de sa radio privée Viva, ordonnée par le gouvernement. Des négociations entre les deux hommes ont été lancées le 21 février, mais suspendus mercredi dernier par Rajoelina, à la suite de l'absence de celui-ci à la 4e rencontre prévue.