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« J'ai reçu des lettres d'injures. Mais aujourd'hui, tout se passe bien, les familles Roms trouvent leur place », témoigne Jean-Luc Deroo, le maire (PS) d'Halluin. Deux semaines après l'installation réussie de cinq familles dans des mobil-homes, Halluin et Faches-Thumesnil font figure de pionnières dans la communauté urbaine. Avec Lille, ces deux modestes villes ont fait partie des premières à répondre à l'appel de solidarité lancé par Martine Aubry, le 19 décembre.
« Quand j'ai annoncé lors de mes voeux, début janvier, que nous allions y participer, j'ai senti la salle gronder, et je le comprends », explique Nicolas Lebas, le maire (MoDem) de Faches-Thumesnil. Mais là aussi, la réalité a calmé les inquiétudes : « Les riverains ont vu qu'il n'y avait que trois mobile-homes, bien entretenus. Et que le terrain ne pouvait pas accueillir plus de trois familles. Aujourd'hui, le quartier a même commencé à aider ces nouveaux voisins. » Car ces récents habitants ne sont pas livrés à eux-mêmes : ils sont aidés par les mairies, le département, l'Education nationale, et des associations comme l'Afeji, l'Areas, la CLCV ou le secours catholique. « Ce sont ces acteurs que j'ai d'abord souhaité réunir pour accueillir les Roms », témoigne d'ailleurs Jean-Luc Deroo. Les enfants, cinq à Halluin et huit à Faches-Thumesnil, ont d'ailleurs été scolarisés dès leur arrivée.
« Mais tout ça, il faut le dire aux habitants. J'ai fait du porte à porte, je suis passé dans les bistrots pour couper court aux rumeurs », explique aussi Nicolas Lebas. « C'est par ça qu'il aurait fallu commencer », rebondit d'ailleurs Laurent Courouble, un habitant de Lille-Fives. Comme à Lille-Sud, le quartier s'est inquiété lorsque l'aménagement d'un terrain prévu pour cinq mobile homes a commencé, à la mi-février. « Nous ne connaissions pas les contours du projet, comment ils seraient suivis », poursuit Laurent Courouble. Enfin, vendredi dernier, un conseiller de quartier a fait du porte à porte avec un document explicatif de onze pages. Selon Laurent Courouble, qui anime aussi le Café-citoyen à Lille, « il faut faire confiance aux habitants en leur donnant les informations, en se mettant à leur écoute ». « Moi j'ai donné mon numéro de portable à la voisine des mobil-homes », assure d'ailleurs Nicolas Lebas.