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Bienvenue à toutes et à tous sur mon blog politique. Vous y trouverez mes textes ou ceux de mes collaborateurs, des articles intéressants, des munitions idéologiques, des blagues pour vous détendre un peu dans ce monde de brut, et quelques photos et imag

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Mohamed Bouarfa prend 20 ans de prison et 1 million d’euros d’amende

C’est la peine à laquelle vient d’être condamné Mohamed Bouarfa devant les assises du Rhône.
Cet homme était jugé depuis mardi car considéré comme la tête pensante d’un vaste réseau de drogue entre le Maroc, la région lyonnaise et l’Europe. Devant la cour, il avait reconnu son implication mais niait être à la tête de l’organisation.


 

Rappel des faits :


TRAFIC - La cour d'assises du Rhône juge à partir de ce matin un très vaste trafic de drogue qu'aurait contrôlé un Français installé au Maroc, pour importer des dizaines de tonnes de cannabis par an, vers la France et trois pays nordiques. Seul le chef présumé sera dans le box, ses hommes ayant été condamnés en correctionnelle. Les centaines d'heures d'écoutes téléphoniques enregistrées avant le démantèlement permettent de comprendre l'organisation du réseau, qui maîtrisait quasiment toute la filière du producteur aux revendeurs. Des stockeurs-négociateurs faisaient le relai en Espagne, et recrutaient des équipes de convoyeurs remontant la drogue en go-fast, notamment avec des voitures appartenant à Eric Abidal, joueur de football professionnel...

Mohamed Bouarfa, dit Momo, serait le patron de cette entreprise très lucrative. Né en région parisienne d'un négociant en matériel automobile entre la France et l'Algérie, il se serait lancé dans l'exportation, mais de produits illicites. Après une première condamnation à cinq ans d'emprisonnement en 1990, il a été condamné une seconde fois par contumace, à dix ans cette fois, pour un trafic qui s'était déroulé entre 1998 et 2000. Mais il avait disparu, s'était installé en Algérie puis au Maroc avec son épouse et ses enfants, pour ouvrir un élevage de 300 autruches, qui mobilisait six ouvriers. Il vivait grassement, mais pas que de la volaille, semble-t-il.

Selon les écoutes réalisées de 2003 à 2004 par la police, des tonnes de cannabis et un peu de cocaïne quittaient le Maroc vers la France, l'Angleterre, les Pays-Bas et le Danemark, via l'Espagne. La drogue arrivait dans des containers transportant des fruits. Deux trafiquants faisaient le relai en Espagne, touchant jusqu'à 40.000 euros de marge par tonne réceptionnée et revendue. Ils louaient des entrepôts pour stocker les livraisons, et des villas pour recevoir les clients potentiels. Il s'occupaient ensuite de les faire livrer, recrutant des convoyeurs payés 13.000 à 15.000 euros par voyage. Une équipe de la banlieue lyonnaise travaillait régulièrement, avec notamment les voitures que prêtait Eric Abidal à l'un de ses copains d'enfance. Le responsable de l'équipe de convoyeurs a pris onze ans de d'emprisonnement en correctionnelle, en novembre 2006.

L'un des frères de Momo s'occupait de réceptionner et répartir la drogue dans la région lyonnaise. Un neveu faisait la même chose en région parisienne, et supervisait les exportations vers les pays plus au nord. Des équipes de Londres, Manchester et Liverpool prenaient ensuite le relai.

Pour la seule année 2003, près d'une cinquantaine de tonnes de cannabis auraient transité par l'Espagne. Dans les entrepôts espagnols, un Fenwick et deux transpalettes permettaient de manipuler la drogue, et les revendeurs avaient fait acquisition d'une machine à compter les billets, compte tenu des sommes qui entraient.

Momo, au Maroc, ne risquait pas grand-chose. Il était en contact avec des producteurs et faisait passer la marchandise avec la complicité de douaniers. Dans une conversation interceptée en mai 2003, il s'inquiète de la qualité du séjour à Paris du fils de l'un de ces douaniers peu regardants.

Selon l'ordonnance de mise en accusation, le trafiquant contrôlait l'ensemble de la filière. Il connaissait précisément les enjeux de rivalité entre les différents revendeurs, décidait des livraisons, de la répartition du produit entre les différents fournisseurs locaux. Parfois, partageait avec d'autres réseaux les moyens de stockage ou de transport. Et donnait même son avis sur les circuits utilisés pour le transport. Si une équipe de convoyeurs tombait, il donnait des instructions pour leur trouver des avocats.

Les clients appelaient de cabines téléphoniques pour passer commande et le réseau utilisait des noms de codes pour parler de la marchandise. La résine de cannabis était appelée "la normale". Le pollen de cannabis "la spéciale". Et la cocaïne "la méchante". Pour les quantités, une "grande" signifiait une tonne, et un "mètre" cent kilos.

Le réseau a fait des victimes en quelques années. Notamment l'un des principaux lieutenants de Momo, qui tenait les entrepôts en Espagne mais devait beaucoup trop d'argent, et que l'on a trouvé dans un canal, près de Cullera, les deux mains coupées.

L'enquête est partie de Rillieux-la-Pape, alors plaque tournante dans la banlieue lyonnaise. Momo a été placé sur écoute et les policiers ont enregistré plus de 1.200 conversations. Durant l'instruction, menée par la juridiction inter-régionale spécialisée (Jirs) de Lyon, il a nié être l'auteur. Mais une expertise a identifié sa voix, et certaines discussions évoquaient des éléments intimes que lui seul et sa famille pouvaient connaître. Il n'est pas sûr qu'il se montre plus bavard au procès. Celui-ci doit durer dix jours.

 

Libé Lyon

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