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A la veille de la journée de mobilisation sociale, Nicolas Sarkozy a choisi, hier, de revenir sur un terrain qu'il connaît bien, celui de la sécurité. Le chef de l'Etat a même décidé de se rendre en banlieue, où il n'avait pratiquement pas remis les pieds depuis son élection. Son discours s'est tenu à Gagny, en Seine-Saint-Denis, où ont eu lieu de violents affrontements dans un lycée la semaine dernière, faisant douze blessés. Son intervention se voulait aussi une réponse à l'agression subie par les forces de police le week-end dernier aux Mureaux, dans les Yvelines. Deux événements que le chef de l'Etat a qualifiés de « phénomènes de haine aveugle dirigés contre deux piliers de la République : l'école et la police ». « Ouvrir le feu sur des policiers, envahir un lycée en bande armée, ce sont des actes hors normes, qui témoignent d'une perte de tout repère, de toute limite », a-t-il poursuivi, refusant « la logique de l'excuse et de la victimisation des auteurs de tels actes ».
Face à ce type d'agressions et à la constitution de bandes violentes, dont le nombre a été évalué à 200 sur le territoire français par le ministère de l'Intérieur, Nicolas Sarkozy a voulu afficher sa fermeté, annonçant une batterie de mesures à la fois sur le plan policier et pénal. Des groupes spécialisés sur les violences urbaines devraient ainsi voir le jour au sein des Directions départementales de la sécurité publique (DDSP), ainsi qu'un fichier dédié aux violences urbaines et aux phénomènes de bandes. Le chef de l'Etat s'est également prononcé pour une accélération du déploiement des unités territoriales de quartier (Uteq) - 100 d'ici à la fin de 2010 - et la multiplication des compagnies de sécurisation chargées du maintien de l'ordre dans les quartiers sensibles. Rien n'a, en revanche, été spécifié sur le financement de ces dispositions. Claude Bartolone, député PS de Seine-Saint-Denis, a, par ailleurs, souligné : « De source syndicale, il manque toujours 400 policiers dans nos commissariats à la suite des réductions d'effectifs opérées ces dernières années, notamment lorsque M. Sarkozy occupait les fonctions de ministre de l'Intérieur. »
C'est sur le terrain pénal que Nicolas Sarkozy s'est montré le plus offensif, exigeant la création d'une peine de trois ans d'emprisonnement réprimant « le fait de faire partie, en connaissance de cause, d'un groupement, même formé de façon temporaire, poursuivant le but de commettre des atteintes volontaires contre les personnes ou certains biens ». L'intrusion dans un établissement scolaire pourrait également être considéré comme un délit et non une simple infraction comme c'est le cas aujourd'hui.
Ces mesures s'inscrivent dans le droit-fil des réformes déjà engagées par Nicolas Sarkozy, qu'il s'agisse des peines planchers ou du développement d'un fichier national des empreintes génétiques. Autant d'initiatives qui, selon lui, ont permis de voir baisser la délinquance générale de 1 % en 2008. Mais qui n'ont pas empêché la recrudescence de violence dans les quartiers sensibles.