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Dix-huit mois de prison ferme requis contre Pierre Pasqua : c'est la peine demandée à la cour d'appel de Paris dans le procès de la Sofremi. Le fils unique de l'ancien ministre de l'Intérieur Charles Pasqua est accusé d'avoir détourné des fonds au préjudice de cette société vendant du matériel de sécurité à l'étranger, placée sous la tutelle de Charles Pasqua dans les années 1993-1995.
Sur le banc des prévenus, un autre Pierre, Pierre Falcone. Dans cette affaire, l'homme d'affaires risque un an de prison ferme pour avoir également détourné des fonds.
Charles Pasqua mis en examen
Pour l'accusation, la Sofremi aurait versé indûment des commissions d'un montant de 5,4 millions d'euros, lors de quatre marchés au Koweït, en Colombie, en Argentine et au Brésil, et ce en échange de l'obtention de contrats. Une somme rondelette qui transitait principalement par Pierre Falcone ou Etienne Leandri, un proche de Charles Pasqua décédé en 1995, via des sociétés écrans dans des paradis fiscaux.
De l'argent «qui était redistribué à des fins personnelles et politiques», a rappelé l'avocat général Denys Millet, précisant qu'une partie avait servi au financement du «Quotidien du Maire».
«Sur la demande de qui ? c'est une autre histoire», a-t-il ajouté, sans mentionner le nom de Charles Pasqua, qui ne fait pas partie des prévenus lors de ce procès. Pasqua, le père, est actuellement mis en examen pour la même affaire, devant la Cour de justice de la République (CJR), seule habilitée à enquêter et à se prononcer sur des faits délictueux commis par un ministre en exercice.
Lors de l'audience, Pierre Falcone a assuré n'avoir «jamais en aucune façon détourné quelque centime que ce soit», tandis que Pierre Pasqua expliquait avoir «choisi très tôt de ne pas faire de politique», allant jusqu'à «éviter» dans ses affaires le département des Hauts-de-Seine, fief de son père.
Le 11 décembre 2008, en première instance, la 12e chambre du tribunal correctionnel de Paris les tous avait jugés coupables. Pierre Pasqua avait alors été condamné à deux ans d'emprisonnement dont six mois avec sursis, et 300.000 euros d'amende.