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Bienvenue à toutes et à tous sur mon blog politique. Vous y trouverez mes textes ou ceux de mes collaborateurs, des articles intéressants, des munitions idéologiques, des blagues pour vous détendre un peu dans ce monde de brut, et quelques photos et imag

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« Je suis pour la discrimination positive »

/ Pierre Augros

/ Pierre Augros


Randall Kenedy enseigne le droit à l'Université de Harvard depuis 1984. Il est également membre du barreau du district de Columbia, de la Cour Suprême des États-Unis et de l'Académie Américaine des Arts et des Sciences. Mais aussi écrivain et avant tout, fervent défenseur de la condition noire.


Impossible de commencer cette interview sans parler de Barack Obama. Comment avez-vous vécu cet évènement et où en sont les Américains ?

Je n'aurais jamais pensé voir cela de mon vivant, tout comme la plupart des Américains. Qu'ils aient voté pour ou contre Barack Obama, et quelle que soit leur race, tous reconnaissent l'importance de cette élection. Imaginez, aujourd'hui, aux États-Unis, on parle de « l'avant Obama » et de « l'après Obama »!

Il s'agit d'un évènement repère qui va faire date dans l'Histoire. Et, c'est tout à fait juste puisque nous sommes réellement à un tournant de notre vie, de notre histoire. Vous savez, mon beau-père était mourant lorsque Barack Obama a été élu. Et, sur son lit de mort, il m'a dit : « Je suis heureux d'avoir survécu pour voir cela ». C'est dire les réactions que cette élection a engendrées. Aujourd'hui, nous avons foi en l'avenir, parce que nous avons confiance en notre Président et en notre peuple.


Le concept de « discrimination positive » a vu le jour aux États-Unis, nous commençons seulement à l'aborder en France. Qu'en pensez-vous ?

Il faut comprendre une chose, en anglais on ne parle pas de « discrimination positive » mais de « affirmative action » ou « action positive ». Ce qui change considérablement l'approche de ce terme. En France, vous utilisez deux mots contradictoires pour former une seule expression. Mais, pour répondre à votre question, nous ne pouvons pas comparer deux nations aux histoires totalement différentes. Le taux d'immigration, la ségrégation, ce n'est pas comparable. Cela dit, s'il existait un moyen plus radical pour mieux redistribuer les prestiges en Amérique, si l'on pouvait remettre en question l'ordre établi, je serai pour. Je préférerai ne pas avoir à organiser les hommes en fonction de leur race, mais c'est tout ce que l'on a pour le moment. Alors, je le prends. Pourtant, il fait rester prudent, et c'est ce que fait Barack Obama. Parce que cette discrimination positive comporte des risques. Notamment la stigmatisation. Et c'est ce qui m'est arrivé. Lorsque je suis entré à l'Université de Harvard pour enseigner, les élèves se sont demandés si je méritais ce poste, ou si j'avais été aidé.


En France, pour la première fois de son histoire le gouvernement s'est doté d'un « ministère de l'immigration et de l'identité nationale ». Quel est votre sentiment par rapport à cela?

Malheureusement, je ne sais que très peu de choses sur la France. Et je n'avais pas connaissance de ce ministère. Mais, je suis très surpris. Qu'est ce que signifie un « ministère de l'identité nationale »? Dès demain je vais me renseigner, parce que j'ai très envie d'en savoir plus sur le sujet. Sujet qui a une sonorité plus qu'inquiétante.


Comment percevez-vous la France depuis les États-Unis?

J'ai en réalité deux sentiments sur la France. Le premier est l'image que votre pays renvoie de lui-même à l'étranger. L'agitation sociale qui règne ici se ressent jusqu'aux États-Unis. Nous avons eu connaissance des émeutes qui ont secoué votre pays il y a quelques années par exemple. Et nous savons que vous avez des soucis avec votre immigration. Mon deuxième sentiment est beaucoup plus positif, puisqu'il est né de ma propre expérience. Je suis ce que l'on appelle un fan de la France. Dès que je pose le pied sur votre sol, je me sens bien, j'adore la culture française. Pourtant je n'y étais pas revenu depuis quinze ans, mais j'ai immédiatement retrouvé mes repères.

 

Le Progrès

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