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Près de dix ans après, la cour d'assises d'appel de Paris examine à partir de ce matin l'attaque d'un fourgon blindé qui s'était soldée par la mort d'un convoyeur, le 14 décembre 1999 à Chennevières-sur-Marne (Val-de-Marne). Un seul homme dans le box : Farouk Achoui, 35 ans. Ce cousin de Me Karim Achoui, l'avocat condamné à sept ans de prison (NDLR : Me Achoui a fait appel de cette condamnation) dans l'évasion en 2003 du braqueur Antonio Ferrara, a été acquitté dans l'affaire de Chennevières, à Créteil en 2004.
«L'attaque avait été ultra-violente. On avait relevé 113 impacts de balles sur le fourgon», rappelle Me Henri de Beauregard, conseil de la famille de Leslaw Saby, le convoyeur tué ce 14 décembre 1999 à 20 h 20 alors que deux camions avaient bloqué le véhicule de transport de fonds près du centre commercial du Moulin à Vent. Les cinq gangsters qui ont mitraillé le fourgon -sans pouvoir s'emparer des 537 000 €- n'ont jamais été retrouvés.
Une figure du milieu exécutée en 2000
L'enquête s'est rapidement orientée vers Antonio Lages, figure du milieu. Il a été interpellé avec le parrain de son fils, Farouk Achoui, début 2000, alors qu'ils s'apprêtait à commettre un vol avec violence. Mais ce même Antonio Lagès sera exécuté en octobre 2000 à Paris. En grande partie à cause de ses liens supposés avec Lagès, Farouk Achoui a été mis en examen et placé en détention jusqu'au procès de Créteil.
Selon l'instruction, l'accusé a utilisé un des téléphones portables achetés sous de faux noms et ayant communiqué entre eux dans la zone des faits. L'expertise des appels passés par un de ces mobiles attesterait de sa présence à Chennevières à 19h34. Enfin, un témoin a reconnu formellement Farouk Achoui comme l'un des braqueurs présents, au volant d'une Audi A 3. Des charges malgré tout légères. «L'analyse de la téléphonie est une pure construction intellectuelle», avait estimé au premier procès Me Eric Dupond-Moretti en insistant sur l'absence de preuve absolue. L'avocat plaidera à nouveau l'acquittement de Farouk Achoui. Le verdict est attendu vendredi.
Le Parisien