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Les 103 sans-papiers d'origine africaine qui menaient depuis 59 jours une grève de la faim dans un parking d'une université bruxelloise ont cessé leur action après avoir obtenu un permis de séjour de trois mois, ont indiqué jeudi leurs porte-parole.
"Ils ont pris leur première soupe hier soir, puis ils passeront progressivement à des soupes plus épaisses. La priorité, c'est de rétablir leur santé pour qu'ils puissent chercher un logement et un travail afin d'obtenir une régularisation", a expliqué Omar Diarra, un porte-parole des sans-papiers.
Après un bras-de-fer de près de deux mois, l'Office des Etrangers, qui dépend du ministère belge de l'Intérieur, a décidé mercredi de leur délivrer une "carte orange" autorisant un séjour de trois mois en Belgique "pour raisons médicales ou humanitaires".
Les 103 sans-papiers occupaient toutefois encore jeudi matin le parking sous-terrain de l'université flamande de Bruxelles (VUB), dépourvu de fenêtres et de système d'aération, où ils sont installés depuis le 16 février. La plupart d'entre eux restaient couchés sur des matelas alignés dans la pénombre, a constaté un journaliste de l'AFP.
"On a opté, à l'unanimité, pour la carte orange, parce que ça ne sert à rien de persister quand les gens sont entre la vie et la mort", explique M. Diarra. "Donner des papiers à un cadavre, ce n'est pas une victoire", ajoute-t-il.
Si la plupart des ex-grévistes espèrent décrocher un contrat de travail leur ouvrant la voie à une régularisation, l'Office des étrangers a déjà averti que la carte orange ne permettait pas en principe de travailler, laissant présager de déceptions futures.
Les permis accordés aux grévistes de la VUB est par ailleurs loin de régler la question des quelque 100.000 demandeurs d'asile présents en Belgique.
Des centaines d'autres grévistes de la faim poursuivent leurs actions à l'université francophone de Bruxelles (ULB) et dans plusieurs églises.
Les directives devant clarifier les critères de régularisation, promises par le gouvernement il y a un an, ne sont toujours pas finalisées en raison de divergences au sein des partis de la majorité.
AFP