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L'immigration nous coûte décidément beaucoup !
Le gouvernement français lance une champagne d’information nationale contre l’excision et les mariages forcés, pour que ces pratiques longtemps restées tabous et que l’on souhaiterait encore parfois oublier aujourd’hui, ne tombent plus sous le coup de la loi du silence
(Rédaction Internationale) - Dans le cadre du plan triennal de lutte contre les violences faites aux femmes, 100.000 brochures d’information abordant les thèmes de l’excision et des mariages forcés seront distribuées dans les associations relais, les écoles, et chez les professionnels du monde médico-social. Des affiches seront posées dans les lieux publics. Le but est d'atteindre "les jeunes filles et les femmes le plus en amont possible", a précisé Valérie Létard, la secrétaire d’état à la Solidarité, à l’origine de la campagne, qui souhaite briser la loi du silence : "On peut aller voir l'assistante sociale de l'école, en parler à son médecin qui n'est plus tenu par le secret professionnel face à des réalités de cette nature."
Lutte contre l’excision
Les pratiques d'excision (ablation du clitoris) et plus généralement les mutilations génitales féminines (MGF) sont des pratiques d’origines traditionnelles. L'excision correspond généralement à un rite de passage pour la petite fille dans sa société. Elle est souvent justifiée par de croyances comme la préservation de la virginité, l’amélioration du plaisir sexuel masculin, la protection contre le désir féminin (considéré comme malsain ou incontrôlable), l’initiation à l’état de femme, la peur que le clitoris n'empoisonne l'homme ou l'enfant à la naissance, etc. ou des raisons médicales erronées, comme l’hygiène par exemple.
L’Organisation mondiale de la santé (OMS), estime de 100 à 140 millions de femmes et petites filles dans le monde ont subi des mutilations génitales et que, chaque année, deux à trois millions de femmes sont exposées a ce risque. En Europe, environ 500 000 femmes dont 180 000 immigrées sont affectées par les MGF. Le plus souvent pratiquée dans des conditions rudimentaires, l’excision a des conséquences lourdes pour la santé psychologique et physique des femmes et des petites filles. Les organes sont irrémédiablement endommagés, les rapports sexuels et les accouchements risquent d'être douloureux, des complications de type hémorragiques, état de choc, infections, sida, tétanos, tumeurs ainsi que des complications graves pendant la grossesse ou à l'accouchement surviennent fréquemment.
Cette mutilation est présente dans la plupart des pays du monde. Les migrations de population la font reparaitre dans des pays où on la croyait disparue, comme en France par exemple. De nombreuses organisations militent pour son abolition mondiale et elle est aujourd’hui illégale dans un nombre de plus en plus important de pays. En mars dernier, Le Parlement européen a voté une résolution visant à lutter contre les mutilations sexuelles féminines pratiquées dans l'UE. Cette directive apporte enfin un texte visant à harmoniser les définitions et pratiques à adopter par les différents membres de l’Union.
Lutte contre les mariages forcés
En ce qui concerne les mariages forcés, c'est-à-dire sans consentement, le phénomène à beaucoup de mal à être quantifié par les pouvoirs publics. Le Groupe pour l'abolition des mutilations sexuelles (Gams) estime que 70.000 adolescentes de 10 à 18 ans vivant en France sont menacées d'être unies contre leur gré par les liens du mariage.
Le Code civil prévoit qu’"il n'y a pas de mariage lorsqu'il n'y a pas de consentement". Cette loi, qui n’apportait que peu de protection aux victimes a été renforcée par la loi d'avril 2006 qui a porté à 18 ans l'âge légal du mariage pour les filles. Le viol conjugal est inscrit dans le Code pénal et le vol des papiers par l'époux est considéré comme un délit. Des arguments qui permettent une action en justice.
Laetitia Gueugnon (www.lepetitjournal.com) jeudi 16 avril 2009
L'excision face à la loi française
La France et l’Angleterre sont les pays européens les plus avancés sur le plan législatif dans la lutte contre les mutilations génitales féminines. En France, les faits d’excision ou de mutilation sexuelle sont poursuivis et sanctionnés de 10 ans d’emprisonnement et 150.000 euros d’amende pour des violences ayant entraîné une mutilation ou une infirmité permanente, peine portée à 15 ans lorsqu’elle est commise sur un mineur, et à 20 ans lorsque la mutilation est commise par un ascendant ou parent. 35 procès se sont déjà déroulés, dont notament en 1999, un procès jugé exemplaire à Paris où l'exciseuse et la mère de l'enfant ont été condamnées respectivement à 8 ans et 2 ans de prison ferme. LG (www.lepetitjournal.com) jeudi 16 avril 2009.
Voir :
Les brochures de la campagne d' information :
- Lutte contre les mariages forcés
- Lutte contre l'excision
L’interview par 20minutes du Dr Pierre Foldès, chirurgien spécialiste de l’excision Excision : "La chirurgie réparatrice est efficace à près de 80%"
L’article de l’Express : Campagne en France contre l'excision et le mariage forcé