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Un homme de 29 ans a avoué le meurtre découvert samedi rue de Saint-Cyr à Vaise. Ce voisin de Raymond Arveuf présente une personnalité perturbée. L'arme du crime a été retrouvée
Une victime atrocement mutilée au 12e étage. Un suspect qui habitait au 5e. Toute l'affaire se concentre dans l'allée 5 d'une grande barre d'immeubles, au 65 de la rue de Saint-Cyr à Lyon 9e. Samedi après-midi, Raymond Arveuf, 62 ans, était découvert, le corps sans tête, dans son appartement situé tout en haut du bâtiment (voir notre édition d'hier) par son frère, inquiet de ne pas l'avoir vu à l'habituel repas familial du samedi. La veille il avait regardé le foot à la télé avec des amis, dans un bar de Vaise.
L'enquête de la police judiciaire de Lyon s'est rapidement orientée quelques étages en dessous. Des traces de sang ouvraient une piste. Elles laissent penser que la tête de la victime a été jetée dans le vide-ordures. Et emportée le lendemain matin avec le ramassage des poubelles. Surtout, les policiers de la direction interrégionale de police judiciaire (DIPJ) ont croisé Youcef Djellouli, 29 ans, voisin du 5e étage, aux propos confus. Placé en garde à vue, cet aîné d'une fratrie de quatre enfants n'a pas tardé à avouer le meurtre. Le jeune homme a évoqué en substance une subite envie de tuer. Selon ses premières déclarations, c'est bien lui qui a été entendu à 2 h 30 du matin. Lui qui a frappé, égorgé et décapité le célibataire sans histoire apparente. L'arme supposée du crime, un couteau de cuisine, a été retrouvée chez lui. Reste à comprendre la raison de son geste. Plusieurs riverains décrivent un jeune homme perturbé, mince, la démarche désarticulée, dont le comportement était changeant. Une fragilité mentale qui aurait soudainement explosé, sans que l'on sache encore précisément si un contentieux le tiraillait à l'égard de la victime. « Une instruction doit être ouverte lundi, il faudra expertiser sa personnalité pour mieux comprendre », confie une source judiciaire. Deux témoignages laissaient déjà fortement présager que le meurtrier résidait dans les lieux. Un voisin qui a été réveillé par les hurlements de la victime a entendu l'agresseur prendre l'ascenseur pour repartir. « Je n'ai vu personne ressortir dehors, je me suis dit qu'il était là », confie-t-il. Dans la montée assez sonore, un autre résident dit avoir entendu la porte d'entrée s'ouvrir violemment, avant le crime. Puis un bruit sourd qui pourrait correspondre au miroir cassé dans la nuit, dans le hall de l'allée 5. Ce miroir dans lequel le meurtrier a croisé sa propre image, sur la trajectoire de sa rage meurtrière. Il l'a brisé d'un coup de bouteille. Depuis hier, un dessin d'enfant est collé sur ces fêlures. Un papillon coloré qui semble vouloir effacer les sombres événements survenus dans l'immeuble.
Richard Schittly
« Il avait envoyé les invitations pour sa retraite dans deux mois, tout le monde l'appréciait, toute la profession l'aimait bien », confie une collègue de Raymond Arveuf. Employé depuis sept ans dans des services de pompes funèbres, ce célibataire était originaire de Caluire, où il entraînait une équipe de foot au club de Montessuy. Il faisait partager sa passion du foot aux jeunes de son quartier de Vaise. Les conditions de son décès ont provoqué la consternation dans son entourage professionnel. Auparavant, de 15 à 40 ans, il avait été commercial dans une banque, avant de se lancer quelques temps dans une activité de placements, à son compte. « Sympa, discret, humain, très gentil », les termes reviennent dans les témoignages attristés de ses collègues et voisins. Dans sa famille, c'est la douleur, l'incompréhension. « Tout le monde l'aimait », tient à dire son frère.
Le Progrès