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Youssouf Fofana, cerveau présumé du "gang des barbares"

Youssouf Fofana, cerveau présumé du

Photo prise par la police ivoirienne de Youssouf Fofana, assassin présumé d'Ilan Halimi © TRAVERS ERIC/SIPA

 

 

Youssouf Fofana, jugé à partir de mercredi devant la cour d'assises des mineurs de Paris pour le meurtre aggravé d'Ilan Halimi en 2006, est décrit comme un "caïd de cité", dont les outrances durant l'instruction ont usé plus d'une trentaine d'avocats. Au total 27 personnes, dont des mineurs et une dizaine de jeunes femmes, doivent comparaître pour l'enlèvement et l'assassinat du jeune homme de confession juive. Mais la figure du chef présumé du "gang des barbares" reste prépondérante.

"Paranoïaque", "mégalomane", "pervers" : ce jeune d'origine ivoirienne âgé aujourd'hui de 28 ans a marqué les avocats qui l'ont rencontré, en particulier certaines pointures du barreau comme Jacques Vergès ou Éric Dupond-Moretti, qu'il a récusés ou qui ont préféré ne pas le défendre. "Depuis son arrestation en Côte d'Ivoire (le 23 février 2006, ndlr), Youssouf Fofana est persuadé qu'il va être condamné à perpétuité. Du coup, il refuse de se défendre", expliquait un de ses conseils avant de jeter l'éponge.

Né à Paris le 2 août 1980, Youssouf Fofana, troisième d'une famille de six enfants, n'a pas attendu l'affaire Ilan Halimi pour se faire connaître des services de police. Il a accumulé pas moins de quatre condamnations, principalement pour des "vols avec violence", avant de pointer à l'ANPE. Dans sa cité de Bagneux, dans les Hauts-de-Seine, il s'est forgé une réputation de dur, oscillant entre séduction et cruauté pour asseoir son autorité sur sa bande.

Outrages à magistrat

Considéré comme le cerveau des "barbares", une bande composée de jeunes désoeuvrés qu'il aurait recrutés, il a été désigné par les accusés comme l'initiateur du calvaire d'Ilan Halimi, y compris de l'issue fatale : il aurait lui-même poignardé l'otage puis aspergé son corps d'alcool à brûler, provoquant sa mort. Très marquée par cet acte odieux, sa mère avait pourtant affirmé en mai 2006 que son fils "n'était pas un chef de gang". "Pour être chef, il faut avoir de l'argent. Il n'en avait pas. C'était moi qui lui donnais son argent de poche quand il en avait besoin", expliquait-elle, assurant que son fils était "mentalement un gamin de 15 ans".

Lors de sa détention à Abidjan, Youssouf Fofana a confessé avoir organisé le rapt du jeune vendeur de téléphones mobiles "à des fins financières", tout en niant le mobile antisémite. Extradé en France, il est revenu sur ses déclarations puis refuse de répondre aux questions des juges Corinne Goetzmann et Baudouin Thouvenot. Il leur a adressé des courriers injurieux qui lui ont valu en 2007 une condamnation à un an d'emprisonnement pour outrages à magistrat.

Lors de ce procès, celui qui s'est déjà fait surnommer "Oussama" ou "Mohammed" avait silencieusement pointé le ciel du doigt, faisant signe qu'il s'adressait à Dieu. Actuellement à l'isolement à la prison parisienne de la Santé, après de multiples transfèrements, il est l'objet d'une surveillance "extrêmement étroite" mais "ne se plaint pas", a souligné Me Emmanuel Ludot, qui le défend
ra aux assises avec Me Isabelle Coutant-Peyre.

AFP
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