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Poursuite des combats au Pakistan, les taliban menacent

Poursuite des combats au Pakistan, les taliban menacent (© REUTERS2009)

© REUTERS2009

par Kamran Haider

 

 

ISLAMABAD (Reuters) - Les combats se poursuivent dans la vallée de Buner entre l'armée pakistanaise et les taliban, qui menacent de rompre l'accord "paix-contre-charia" conclu il y a près de trois mois avec Islamabad.

Appuyées par l'artillerie et des hélicoptères de combat, les forces de sécurité ont attaqué les activistes dans trois hameaux, ont rapporté les habitants. Vingt combattants insurgés ont été tués, selon un responsable militaire.

Le district de Buner n'est situé qu'à une centaine de kilomètres de la capitale, au sud-est de la vallée de Swat où les autorités ont, en février, cédé à la requête des taliban d'imposer la loi islamique en échange d'un cessez-le-feu.

S'ils ont cessé les combats, les radicaux islamistes ont refusé de déposer leurs armes et entrepris de s'implanter dans les districts voisins de Lower Dir, Buner et Shangla.

Ces développements inquiètent aux Etats-Unis, alors que le président Barack Obama doit s'entretenir pour la première fois en tête à tête cette semaine avec son homologue pakistanais, Asif Ali Zardari.

Face à la progression des islamistes, l'armée a réagi le 26 avril en lançant une offensive dans les districts de Lower Dir et de Buner qui a fait selon elle plus de 170 morts dans les rangs insurgés.

Pour les taliban de la vallée de Swat, cette attaque équivaut à une trahison. "Ils n'ont aucun respect pour aucun pacte", a déclaré leur porte-parole Muslim Khan, interrogé au téléphone. "Ils continuent de violer les accords. Si cela continue, il n'y aura plus aucun accord, aucun cessez-le-feu."

"Ce n'est pas notre armée, ce n'est pas notre gouvernement. Ce sont des ennemis des musulmans, pas des Américains. Ce sont des pantins à la solde des Etats-Unis et il est clair désormais qu'ou bien nous finirons martyrs (tués), ou bien nous poursuivrons notre marche en avant."

PATROUILLES

Les taliban se sont remis à patrouiller de nuit dans certaines parties de la vallée de Swat, en violation du pacte de février dernier, et les autorités ont répondu en imposant un couvre-feu nocturne dans la principale ville de la région, Mingora, a indiqué un responsable des services de sécurité.

Autrefois une destination touristique prisée, la vallée de Swat a été le théâtre d'une première vague d'insurrection islamiste dans les années 1990, sous la conduite du religieux radical Sufi Mohammad, qui voulait y imposer la charia.

Arrêté en 2001 à son retour au Pakistan après avoir mené des milliers d'hommes combattre en Afghanistan aux côtés des taliban, il a été relâché en 2008, le gouvernement tentant par cette concession de mettre fin à un autre soulèvement conduit par son gendre Maulana Fazlullah. Sufi Mohammad fait aujourd'hui office d'intermédiaire entre ce dernier et les autorités.

Lié à d'autres taliban et à Al Qaïda, Fazlullah a mobilisé ses hommes après l'assaut militaire de juillet 2007 contre les djihadistes occupant la Mosquée rouge d'Islamabad. Son utilisation de la bande FM pour diffuser ses prêches lui a valu le surnom de "mollah Radio".

Les taliban ont peu à peu imposé leur emprise sur la vallée, détruisant 200 écoles pour filles, tuant et décapitant des responsables politiques, des militaires, des artistes ou des opposants.

En octobre 2007, l'armée pakistanaise a déployé des troupes dans la région sans parvenir à enrayer l'insécurité. Depuis la fin 2007 jusqu'au cessez-le-feu décrété par les taliban en février, les combats ont fait 1.200 morts et 250.000 à 500.000 habitants ont pris la fuite, selon les autorités.

Lors de son entretien à la Maison blanche, le président Zardari devra convaincre son interlocuteur qu'il suit la bonne voie, dans sa quête d'une nouvelle aide militaire et financière.

"C'est une bataille pour un Pakistan moderne, démocratique, progressiste et pluraliste", a souligné sa porte-parole, Farahnaz Ispahani, dans un communiqué.

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