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Reste une étape, et non des moindres : la signature nécessaire du président Vaclav Klaus. M. Pöttering, qui a déjà eu maille à partir avec l'imprévisible et europhobe M. Klaus, a prudemment bichonné le communiqué que lui avait préparé son conseiller. Et modifié un : "J'espère que le président Vaclav Klaus ne retardera pas la ratification" en : "J'espère que le président Vaclav Klaus signera". "Il vaut mieux être positif et ne pas tendre la perche", explique-t-il.
"FAILLITE DES ÉLITES"
La République tchèque est le dernier pays à se prononcer sur le traité de Lisbonne, destiné à améliorer le fonctionnement de l'UE. Un rejet par le Sénat tchèque aurait à lui seul menacé son avenir et la partie était loin d'être gagnée : une partie des libéraux-conservateurs au pouvoir accuse le document d'accentuer la perte de souveraineté des Etats. La ratification a finalement été approuvée avec une confortable majorité : 54 des 81 sénateurs ont voté pour (il en fallait au moins 49 pour atteindre la majorité des trois-cinquièmes), 20 contre, 5 se sont abstenus et 2 n'ont pas participé au vote.
Le président Klaus a immédiatement pesté. Dans un communiqué contre les "traîtres aux intérêts nationaux", il a indiqué que les sénateurs donnaient "une triste preuve de la faillite des élites politiques". Par une ironie du sort, il aura fallu attendre la démission du premier ministre, Mirek Topolanek, qui défendait - du bout des lèvres - la ratification du traité, pour que celui-ci soit enfin adopté. "C'est comme si Topolanek s'exprimait depuis l'au-delà !"Strasbourg Libor Roucek, eurodéputé tchèque social-démocrate. plaisante à
Pour que le traité de Lisbonne entre en vigueur, d'autres obstacles restent à franchir. La Cour constitutionnelle allemande de Karlsruhe doit se prononcer d'ici l'été sur la conformité du traité avec la loi fondamentale du pays. Il manquera ensuite la signature du président allemand, qui devrait n'être qu'une formalité. Puis celles, plus aléatoires, du président tchèque et du président polonais Lech Kaczynski, conservateur et lui aussi europhobe. Il manquera l'approbation des Irlandais, qui ont déjà dit non par référendum en 2008 et qui seront amenés à revoter à l'automne avec les garanties qu'ils avaient exigées.
Vaclav Klaus ne dit pas s'il signera. Comme il l'a souvent répété : "Un bon joueur d'échecs ne dit jamais à l'avance ce que sera son prochain coup." Il attendra la décision de la Cour constitutionnelle, auprès de laquelle ses amis adversaires du traité vont déposer un nouveau recours. Il attendra aussi le vote des Irlandais. "C'est paradoxal, note M. Roucek : il passe son temps à nous dire que le traité nous fera perdre notre souveraineté et il attend qu'un autre pays décide à sa place..."
Le Monde