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A un mois des européennes, le Labour du Premier ministre britannique Gordon Brown bat des records d'impopularité historiques après une série de scandales, dont un tollé sur les très généreuses notes de frais des députés n'est que le dernier en date.
La cote du dirigeant travailliste a encore reculé de trois points en un mois, s'enfonçant à 23%, selon le sondage de BPIX paru dimanche dans le Mail on Sunday. Il s'agit du pire score pour le Labour depuis 1943.
Un autre sondage, paru dans le Sunday Times, place le Labour à 27%, soit une chute de 7 points par rapport au mois précédent. L'opposition conservatrice emmenée par David Cameron est créditée de 45% par BPIX et de 43% par YouGov.
"Brown s'achemine vers une raclée électorale", titre le Sunday Times en référence aux élections locales et européennes du 4 juin prochain.
Le Labour risque une humiliante troisième position, derrière la petite formation des Libéraux-démocrates, selon les analystes du Sunday Times, qui en concluent: "La remise en cause du leadership de Gordon Brown est presque inévitable".
Un tel score serait de très mauvais augure pour les élections législatives qui doivent être convoquées d'ici environ un an au plus tard.
Souvent qualifié de personnage peu amène, Gordon Brown n'a bénéficié que d'un bref état de grâce quand il a succédé au très charismatique Tony Blair en juin 2007, sans élections.
Une fronde avait même touché des franges de son gouvernement après les élections locales de mai 2008, les pires pour le Labour en 40 ans, qui avaient vu Londres tomber dans l'escarcelle conservatrice.
Le chef du gouvernement avait retrouvé un tant soit peu la faveur du public à l'automne 2008 grâce à des mesures contre la crise économique saluées dans de nombreuses capitales.
Ainsi, c'est en "sauveur du monde" que Brown avait accueilli un sommet du G20 à Londres le 2 avril.
Mais le rebond avait été brisé avec l'annonce, quelques semaines plus tard, d'un relèvement de la tranche supérieure de l'impôt sur le revenu.
Ce geste avait pu être perçu comme "la fin du New Labour" de Tony Blair qui avait promis de rompre avec la tradition du parti de taxer les riches.
Depuis, des scandales à répétition ont encore laminé la popularité de Brown.
En avril, éclatait le "scandale des calomnies", où un proche conseiller du Premier ministre était accusé d'avoir voulu monter une campagne "obscène" contre l'opposition.
Au même moment, surgissaient les révélations sur les très généreuses notes de frais dont bénéficient les députés, parfois également ministres.
L'affaire touche Gordon Brown lui-même. Il s'est fait rembourser plus de 6.000 euros pour frais de nettoyage, de l'argent qu'il avait versé à son frère. Downing Street a expliqué que les deux frères utilisaient le même fournisseur et que le chef du gouvernement ne faisait que rembourser sa quote-part en toute légalité.
D'autres élus --de tous bords-- se sont fait défrayer des dizaines de milliers de livres pour des barbecues, du fumier de cheval, du vernis à ongle...
Ces notes de frais sont légales mais considérées comme abusives dans un pays appelé à se serrer la ceinture en pleine récession.
Selon une enquête publiée dimanche dans l'hebdomadaire populaire News of the World, 89% des Britanniques estiment que cette affaire a entâché la réputation de Brown.
Le scandale n'a pas fini d'embarrasser la classe politique: le Daily Telegraph a promis de nouvelles révélations dans les prochains jours, notamment sur des élus de l'opposition. Et les Communes ont promis de publier la liste officielle des notes de frais d'ici la mi-juillet.
AFP