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Quatre personnes, dont un éditeur alternatif, François Bouchardeau, et son épouse ont été interpellées lundi dans les Alpes de Haute-Provence après la diffusion d'un tract considéré comme une menace pour le Directeur central du renseignement intérieur Bernard Squarcini, a-t-on appris de sources concordantes.
Ces interpellations font suite à la diffusion d'un tract sur lequel est mentionnée l'adresse d'une résidence secondaire de M. Squarcini dans la région, a-t-on précisé de source proche de l'enquête.
Diffusé à plusieurs centaines d'exemplaires lors de manifestations et par courrier, le tract aurait également été déposé dans la boîte à lettres de la résidence de M. Squarcini.
Selon un autre tract diffusé lundi sur le marché de Forcalquier (Alpes de Haute-Provence) et signé du Comité de sabotage de l'antiterrorisme (CSA) de cette ville, le couple Bouchardeau ainsi que leurs voisins, Samuel Autexier et sa soeur, ont été interpellés lundi.
"Ce qui est assez étonnant c'est qu'aujourd'hui on puisse interpeller à 10H00 du matin avec la police judiciaire qui vient de Marseille quatre personnes au motif qu'elles se seraient exprimées et qu'elles auraient émis des doutes sur la réalité de cette affaire et sur la culpabilité des mis en cause" de Tarnac, a déclaré le maire socialiste de Forcalquier, Christophe Castaner, à la radio locale Alpes 1.
"Moi je ne me prononce pas sur le fond. Je n'ai pas les éléments. Seule la justice les a, mais je crois qu'en France on a encore le droit d'émettre des réserves", a ajouté M. Castaner.
Le CSA a été créé en décembre 2008 en soutien au groupe de Tarnac et à Julien Coupat incarcéré depuis six mois dans l'enquête sur des sabotages de lignes TGV à l'automne 2008.
Il a organisé le 8 mai une journée "contre l'anti-terrorisme" à Forcalquier avec la participation de l'éditeur Eric Hazan.
Intitulé "A qui le tour?", le tract diffusé lundi dénonce ces interpellations à la suite de celle d'une femme de 36 ans fin avril à Paris, remise en liberté à l'issue de 72 heures de garde à vue sans charge retenue contre elle.
Lundi, deux hommes et une femme considérés comme "proches" de M. Coupat ont été interpellées dans la région de Rouen. Leur identité n'a pas été révélée.
Au total, neuf hommes âgés de 22 à 34 ans ont été mis en examen en novembre 2008 dans l'affaire du groupe de Tarnac pour "destructions et association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste". Ils sont soupçonnés d'appartenir à un groupe d'ultragauche à l'origine de sabotages contre des lignes TGV.
AFP