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Depuis l’annonce de la démission de Michael Martin, président travailliste de la Chambre des communes mardi, éclaboussé par le scandale des notes de frais abusives des parlementaires, rien ne va plus. Les détracteurs de Godon Brown estiment que ce départ de Michael Martin ne suffira pas à calmer la colère d’une opinion d’autant plus outrée par le scandale qu’il éclate en pleine période de récession. Pour le Daily Telegraph, quotidien conservateur – opposé au gouvernement – à l’origine des révélations sur la façon dont des parlementaires utilisaient les deniers publics pour financer toutes sortes de dépenses personnelles comme l’entretien de leurs résidences secondaires, il s’agit d’une « révolution très britannique ». Alan Duncan, un vieux briscard Torries (conservateur) du Parlement de Westminster, estime pour sa part que le Royaume-Uni traverse depuis quelques semaines « une sorte de printemps révolutionnaire ».
Le scandale, qui vient de ternir la Chambre des communes, touche les trois principaux partis de l’échiquier politique britannique, mais plus particulièrement le Labour de Brown au plus bas dans les sondages, à un an des élections législatives. Le successeur de Tony Blair a repoussé cette semaine les appels de l’opposition en faveur d’élections anticipées : « Voulez-vous vraiment assister demain, en plein milieu d’une récession, alors que le gouvernement y fait face, au chaos que provoqueraient des élections ? » a-t-il lancé à l’occasion d’une allocution télévisée.
Prié par David Cameron, chef des Tories, d’expliquer ce qu’il entendait par « chaos », le Premier ministre a répondu : « Ce qui provoquerait le chaos, ce serait l’élection d’un gouvernement conservateur. » Ces mots ont conduit Cameron à dire que Brown reconnaissait là « pour la première fois qu’il s’acheminait vers une défaite ». Pendant que les travaillistes et les conservateurs s’écharpent, les petits partis se frottent les mains. Le malheur des uns profite toujours au bonheur des autres.
France Soir