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Bienvenue à toutes et à tous sur mon blog politique. Vous y trouverez mes textes ou ceux de mes collaborateurs, des articles intéressants, des munitions idéologiques, des blagues pour vous détendre un peu dans ce monde de brut, et quelques photos et imag

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Carton rouge pour les casseurs



GRENOBLE : APRES FRANCE-PORTUGAL


Carton rouge pour les casseurs


Denis MASLIAH



Ils sont là pour brûler, voler et pour casser du "flic". Pour eux, le foot est un prétexte et les grandes manifestations, qu'elles soient festives ou contestataires, leur fournissent un terrain de jeu privilégié. Parce que, croient-ils, les règles de la vie en société y sont abolies et que les articles du code pénal ne valent plus très cher dans le délire de la victoire ou de la protestation.
Ambiance insurrectionnelle mercredi soir sur le cours Jean-Jaurès à Grenoble. Pour quelques dizaines de casseurs, le foot était un prétexte à la violence.


Ils sont là pour brûler, voler et pour casser du "flic". Pour eux, le foot est un prétexte et les grandes manifestations, qu'elles soient festives ou contestataires, leur fournissent un terrain de jeu privilégié. Parce que, croient-ils, les règles de la vie en société y sont abolies et que les articles du code pénal ne valent plus très cher dans le délire de la victoire ou de la protestation.
Hors du temps, hors du monde, ils sont quelques dizaines à Grenoble, quelques centaines au grand maximum, qui se greffent sur les rassemblements et les élans populaires avant d'en torpiller la spontanéité et la sincérité.
Au risque de passer pour des rabat-joie en ces temps d'enthousiasme footballistique bleu-blanc-rouge, il nous faut bien, après la très chaude nuit grenobloise de mercredi à jeudi (notre édition d'hier), explorer la problématique des casseurs puisque, après France-Brésil, France-Portugal est la deuxième rencontre qui s'achève en ville par de très sérieuses échauffourées entre la police et des groupes de jeunes gens totalement incontrôlables.
Si, en juillet 1998, la victoire de l'équipe de France de football avait donné lieu à une grande fête dans les rues de la ville _ une fiesta débridée et fortement alcoolisée, certes _ aucun débordement n'avait toutefois été enregistré, à l'exception du coup de folie individuel d'un automobiliste stressé qui avait renversé plusieurs piétons rue Montorge. Depuis, de l'eau a coulé sous les ponts de l'Isère: les émeutes de l'automne dans les banlieues françaises et les affrontements en marge des manif' anti-CPE du printemps sont passées par là. A Grenoble, ville en pointe de la contestation pacifique, l'atmosphère a aussi radicalement changé lors des grandes mobilisations.
Jean-Claude Borel-Garin, le patron des policiers du département, en est convaincu: "Depuis les événements de novembre, des dizaines de jeunes gens ont pour objectif de casser du flic lorsque l'actualité leur en donne l'occasion". L'un de ses collaborateurs, le commandant Philippe Robilliart, évoque le très net basculement, sur les coups de minuit mercredi, d'une fête bon enfant à une ambiance insurrectionnelle. "Jusqu'en fin de soirée, les familles et les groupes de jeunes gens constituaient la majorité du public. Une heure plus tard, nous nous sommes trouvés confrontés à de vrais délinquants".


Dimanche, la soirée de tous les dangers


Pour la première fois, plusieurs personnes ont été agressées gratuitement ou pour des motifs crapuleux: un jeune homme a ainsi été attaqué par un groupe et s'est fait voler son portable, tandis qu'un autre était littéralement passé à tabac, rue de la République. Les rixes se sont multipliées dans toute la zone du centre-ville, opposant notamment des piétons à des automobilistes.
Entre minuit et 1 heure, une voiture volée a été projetée en travers du cours Jean-Jaurès par des groupes de jeunes gens déchaînés, tandis que d'autres tentaient, rue Montorge, de faire basculer un autocar sur le flanc... Policiers et gendarmes mobiles, attaqués à coups de cannettes de bière, seront parvenus à rétablir le calme vers 2 heures.
Aujourd'hui, tout le monde pense à la soirée de dimanche. La soirée de tous les espoirs pour les vrais amoureux du foot. Celle de tous les dangers, aussi, dans les rues de Grenoble.


 

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