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Le coup de feu est parti jeudi : l'embauche de Thomas Collomb, fils du maire de Lyon, comme conseiller sécurité au cabinet du président du Sytral, a entraîné des réactions en chaînes, beaucoup y décelant la volonté de « toute puissance » du maire de Lyon. Bien que ce dernier ait inlassablement répété qu'il n'y était pour rien. « Je n'aurais pas conseillé à mon fils d'être candidat, mais je ne peux l'en empêcher » martelait-t-il jeudi.
Mais le job du fils Collomb a fait long feu, la pression ayant eu raison du jeune homme. C'est par un communiqué du Sytral hier en fin de matinée qu'on apprenait que Thomas Collomb venait de démissionner de son poste. Moins de 24 heures après que le comité syndical du Sytral a entériné son embauche, laquelle avait recueilli vingt voix pour, une abstention (Béatrice Vessilier - Les Verts), un contre (Denis Broliquier - divers droite). Pour la petite histoire, Richard Llung (PS) n'a pas pris par au vote. On y a plus vu une réaction de l'élu villeurbannais aux prises de position récentes de Gérard Collomb sur le fonctionnement interne au PS, qu'un avis sur l'emploi de son fils au Sytral.
« Je suis très touché par les procès d'intention en cours sur mon recrutement […] Je suis consterné par certains commentaires repris dans la presse, qui me paraissent d'abord marqués par une réelle volonté politique de nuire. Dans ces conditions, et avec d'immenses regrets, je préfère démissionner de cette fonction pour laquelle j'avais été choisi », explique Thomas Collomb dans le communiqué du Sytral. Rencontré hier midi alors qu'il déjeunait avec son père dans un restaurant du centre-ville, l'ex-conseiller de Bernard Rivalta raconte qu'avant que les suspicions ne s'élèvent, il aurait aimé qu'on lui laisse six mois pour faire preuve de ses compétences en matière de sécurité. « C'était un vrai poste. Le Sytral est forcément appelé à lutter contre les fraudes et le vandalisme. Ce sont des problèmes réels », explique Thomas Collomb qui s'interroge : « Devrais-je quitter Lyon pour trouver un emploi tant que mon père en est le maire » ? (Thomas Collomb est en disponibilité de la police nationale. Ndlr).
On peut aussi se poser la question : comment se fait-il qu'il n'ait pas envisagé la bronca que pouvait susciter son embauche ? « Mon père m'avait mis en garde, répond-il, mais j'ai voulu assumer moi-même mon choix. Sans doute n'avais-je pas vu que je suis un levier politique. Je vis cet épisode de ma vie professionnelle avec un profond sentiment d'injustice ».
Sa décision a été prise « pour ne pas donner prise aux calomnies qui pourraient rebondir ». Combien de fils et filles de président de la République, ministres et haut fonctionnaires embauchés dans des cabinets politiques, n'ont-ils pas eu autant de sagesse ?
Le Progrès