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L'association SOS-Racisme, dont le président Dominique Sopo et plusieurs membres sont en garde à vue depuis mardi dans le cadre de l'affaire du député socialiste Julien Dray, a été créée en 1984 dans le giron du Parti socialiste auquel elle est restée très liée.
Fondée par M. Dray et Harlem Désir, deux anciens militants trotskystes de la Ligue communiste révolutionnaire convertis au mitterrandisme, l'association est conçue initialement comme un instrument de mobilisation antiraciste au lendemain de la "marche des Beurs" de 1983 et aux débuts de la percée électorale du Front national.
Sous la présidence de M. Désir (1984-1992), aujourd'hui tête de liste PS aux européennes en Ile-de-France, SOS-Racisme joue la carte de la médiatisation, popularisant son slogan "Touche pas à mon pote !" et son badge, une main jaune ouverte.
Le printemps 1985 marque l'apogée de l'association avec un million de "petites mains" vendues et une grande fête place de la Concorde à Paris, qui devient annuelle.
En 1988, SOS-Racisme appelle à voter François Mitterrand et connaît une forme de déclin après 1991.
Après la présidence de Fodé Sylla (1992-1999), Malek Boutih transforme l'association en outil de lutte contre les discriminations, privilégiant l'action de terrain ("maisons des potes" dans les banlieues), les actions judiciaires dans le domaine du travail ou du logement social, le "testing" à l'entrée des discothèques.
En 2003, M. Boutih démissionne pour rejoindre la direction du PS et laisse la place à M. Sopo. À son arrivée, celui-ci doit affronter une fronde contre "l'inféodation" au PS.
Six ans plus tard, cet agrégé en sciences économiques et sociales est parvenu à apparaître plus autonome envers le PS que ses prédécesseurs.
Il accepte notamment en octobre 2006 une mission de médiation confiée par Nicolas Sarkozy, alors ministre de l'Intérieur, dans une affaire d'expulsés à Cachan (Val-de-Marne).
La Brigade financière enquête sur des mouvements de fonds suspects sur les comptes de M. Dray, député socialiste de l'Essonne, via l'association Les Parrains de SOS Racisme et l'organisation lycéenne Fidl.
SOS-Racisme a dénoncé mardi "une campagne de déstabilisation à l'encontre de la plus grande association anti-raciste de France".
L'association a déjà plusieurs fois connu des problèmes de gestion. Elle avait notamment été placée provisoirement en redressement judiciaire en 2000 puis sous contrôle financier de l'État en 2003.
AFP