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Les Marocains se sont rendus aux urnes vendredi pour des élections municipales considérées comme un test de la capacité du gouvernement à enrayer la montée de l'islamisme révélée par les législatives de 2007.
Le gouvernement espère que les électeurs se mobiliseront davantage que lors du scrutin parlementaire, où l'abstention avait atteint le niveau record de 63%.
Un pari qui ne semble pas évident à tenir, de nombreux Marocains affirmant avoir été trop déçus par les promesses non tenues des partis politiques.
A midi, la participation était de seulement 12%, a annoncé le gouvernement.
"Nous sommes vingt à travailler ici et aucun d'entre nous n'est allé voter", déclare Hassan, qui dirige un restaurant de couscous à Rabat. "Les gens autrefois votaient en masse mais ce n'est plus le cas. Ils ne sont pas stupides, ils se sont fait avoir une fois, on ne les aura pas deux fois..."
Les responsables des bureaux de vote espéraient toutefois que les électeurs viendraient faire leur devoir après les prières de l'après-midi.
Les bureaux, qui ont ouvert à 08h00 (07h00 GMT), fermeront à 19h00 (18h00 GMT).
"L'attention des responsables du gouvernement et des dirigeants de parti se focalisera sur le taux de participation parce qu'ils sont terrifiés par un boycottage ou la fameuse apathie des électeurs", résume l'analyste politique Khaled al Harri.
Plus de 13 millions d'électeurs sont appelés à départager les 130.223 candidats qui se disputent 27.795 sièges de conseillers municipaux de villes ou de villages.
Les analystes prévoient une participation plus élevée dans les campagnes que dans les villes.
"Les gens illettrés voteront plus que les électeurs éduqués", prédit le politologue Taoufik Bouachrine. "Le nombre de votants parmi les pauvres sera plus élevé que parmi les riches et les classes moyennes."
UN TEST POUR LE PAM
Le score du Parti de la justice et du développement (PJD) sera l'un des principaux enjeux du scrutin.
Les islamistes du PJD se présentent comme l'alternative à une élite politique marocaine qui s'est enrichie au détriment du pays, en laissant décliner les valeurs morales et croître la délinquance.
Ses détracteurs soulignent que, si le PJD donne de lui une image modérée, il ne cherche qu'à s'emparer du pouvoir pour imposer sa vision restrictive de l'islam et brider les libertés individuelles.
Les projecteurs seront braqués sur les grandes villes - Fès, Casablanca, la capitale Rabat - où le PJD défiera les candidats des partis gouvernementaux.
Les islamistes ont moins de poids dans les campagnes où les liens familiaux et tribaux assurent souvent la victoire aux dignitaires locaux.
L'élection sera aussi un test de la popularité du nouveau parti Authenticité et Modernité (Pam) créé par des partisans du roi Mohamed VI.
Le Pam se présente lui-même comme une solution de rechange face à la fois aux islamistes et aux partis anciens comme l'Istiqlal.
Le gouvernement a perdu sa majorité parlementaire le mois dernier en raison du retrait du Pam de la coalition. Les 46 élus du Pam sont désormais dans l'opposition mais l'un de ses dirigeants reste ministre de l'Education.
Les analystes estiment que le Pam cherche à asseoir sa popularité face à un gouvernement jugé faible et impopulaire.
Reuters