Bienvenue à toutes et à tous sur mon blog politique. Vous y trouverez mes textes ou ceux de mes collaborateurs, des articles intéressants, des munitions idéologiques, des blagues pour vous détendre un peu dans ce monde de brut, et quelques photos et imag
SOS Racisme en état de choc. La garde à vue de Dominique Sopo, le président de l’association antiraciste, qui a débuté mardi matin, dans l’affaire des comptes de Julien Dray, s’est prolongée, toute la journée, hier. Trois autres responsables de SOS Racisme ont été simultanément gardés à vue. Dans la soirée de mardi, le bureau national de l’association avait dénoncé «une campagne de déstabilisation» et une «violation de l’état de droit». Avenue de Flandre (XIXe arrondissement) à Paris, au siège de SOS, les perquisitions se sont prolongées tard dans la soirée de mardi : «Les policiers sont en train, en ce moment même, de copier l’ensemble des données de notre serveur», précisait l’association. Alors que Julien Dray, comme ses avocats, refuse toujours de s’exprimer sur le fond, Jean-Marc Ayrault, président du groupe socialiste à l’Assemblée, a demandé, hier, l’ouverture d’une information judiciaire et la désignation d’un juge d’instruction pour que «Julien Dray puisse enfin avoir accès à son dossier et se défendre».
Satellites. L’enquête préliminaire ouverte en décembre pour «abus de confiance» s’oriente désormais sur la gestion de l’association antiraciste - subventionnée par les pouvoirs publics à hauteur de 88 % jusqu’en 2002. Julien Dray, ancien fondateur de SOS, est soupçonné d’avoir bénéficié, sous forme de chèques, de reversements de 102 985 euros provenant de l’association les Parrains de SOS Racisme et de la Fédération indépendante et démocratique des lycéens (Fidl), deux satellites de l’association antiraciste.
La création de l’association les Parrains, en novembre 2000, reste elle-même inexpliquée. Avec ses «parrains» historiques, SOS Racisme se contentait jusqu’alors d’organiser des dîners annuels de soutien. La recette était directement encaissée par SOS. En 2000, Malek Boutih, alors président de SOS Racisme, décide de créer une structure «pour soutenir financièrement SOS Racisme», alors que l’association est déjà habilitée à recevoir des dons. L’homme d’affaires Pierre Bergé, parrain historique, en devient président, et il en est aussi l’un des principaux donateurs, avec 110 000 euros versés entre 2006 et 2008. L’association les Parrains paye ainsi directement certains frais de SOS Racisme : 20 000 euros aux Editions Rotatives, ou encore 15 393 euros au Zénith, pour le meeting anti-test ADN d’octobre 2007 à Paris.
Réseau. D’autres sorties d’argent, sous la signature de la secrétaire générale de SOS Racisme, renvoient directement à l’affaire Dray : 27 445 euros sont versés à Nathalie Fortis, ancienne attachée de presse de SOS et collaboratrice de Julien Dray à l’Assemblée, et 12 750 euros à Thomas Persuy, jeune permanent de l’association. Une partie de ces sommes est reversée au député de l’Essonne. Dès lors, l’enquête s’oriente logiquement sur la gestion de la mouvance SOS Racisme. Le fait que Nathalie Fortis, l’assistante parlementaire de Dray soit mandataire, à 34 ans, du compte bancaire de la fédération lycéenne montre combien le réseau est centralisé. Les responsables associatifs passent d’ailleurs fréquemment d’une structure à l’autre. Julien Dray est l’artisan de la création de la Fidl en 1987, comme de la Fédération nationale des maisons des potes (FNMP) en 1989. Une ancienne présidente de la «Fédé», Shéhérazade O., a été, dans les années 2000, la comptable attitrée de toutes ces structures - FNMP, SOS Racisme, Fidl - avant de devenir la trésorière de Ni putes ni soumises. C’est elle qui établissait les dossiers de demandes de subventions, en particulier à la région d’Ile-de-France. Son mari, Malik L., était le collaborateur de Julien Dray chargé des associations à la région… «Durant ma présidence, il n’y a eu aucune porosité entre les différentes entités, ni financière ni organisationnelle, rétorque Fodé Sylla, président de SOS de 1992 à 1999. Mais, quand j’avais besoin de moyens, je faisais appel à Julien Dray et à ses amis.»
Le mélange des genres est une donnée historique de la gestion de l’association. Lors de son contrôle en 2002, la Cour des comptes avait souligné ses «graves insuffisances de gestion et de rigueur». Ses frais sans justificatifs s’élevaient à 60 000 euros en 2000. Les dettes - 380 000 euros en 2002 - avaient failli provoquer la liquidation judiciaire de SOS Racisme, placé sous le contrôle de l’Etat en 2003. «Les conclusions définitives de la Cour des comptes ont été confidentialisées», explique Jean-Pierre Bayle, président de la 5e chambre de cette institution.
Libération