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Salaheddine Alloul a été condamné vendredi soir à cinq ans de réclusion par la cour d'assises de Bobigny pour des coups ayant entraîné la chute et la mort d'un sexagénaire de Stains (Seine-Saint-Denis) en marge des émeutes de 2005.
M. Alloul a été reconnu coupable de "violence volontaire sans préméditation entraînant la mort sans intention de la donner" et de "violence volontaire sans préméditation entraînant un arrêt de travail supérieur à huit jours".
Lors de ses réquisitions, l'avocat général avait requis une peine allant de 8 à 10 ans de réclusion.
La mort de Jean-Jacques Le Chenadec, 61 ans après trois jours de coma avait suscité une vive émotion et plusieurs centaines d'habitants de Stains avaient défilé pour dire leur "refus de la violence". Sa veuve avait été reçue par le ministre de l'Intérieur de l'époque Nicolas Sarkozy.
Soupçonné d'avoir agressé M. Le Chenadec et un voisin de celui-ci, Jean-Pierre Moreau, le 4 novembre 2005 avant de s'enfuir, Salaheddine Alloul, 22 ans, avait été arrêté en juillet 2007 grâce aux témoignages de la famille d'un premier suspect, blanchi depuis.
Pour Alain Jakubowicz, un des avocats de la partie civile, ce verdict est "un soulagement car aux yeux du droit, aux yeux du peuple français, on connaît la vérité sur cette affaire".
"C'est ce qui importait pour Mme Le Chenadec, elle souhaitait connaître la vérité" a ajouté M. Jakubowicz.
Le soir du 4 novembre 2005, les deux victimes, respectivement président et vice-président du conseil syndical de leur immeuble, avaient éteint un feu mis aux poubelles et étaient restées dehors pour discuter avant de recevoir, selon le témoignage de M. Moreau, des projectiles lancés par un groupe de jeunes. M. Alloul se serait détaché du groupe pour s'approcher, leur aurait posé une question avant de les frapper, sans attendre la réponse.
Salaheddine Alloul soutenait une version des faits bien différente: MM Le Chenadec et Moreau, alcoolisés, auraient tenu à son encontre des propos racistes qui l'auraient énervé et conduit à frapper les deux hommes. Il aurait ensuite prévenu les secours avant de s'enfuir, pris de peur. Depuis, il était revenu sur ses déclarations, assurant n'avoir frappé que M. Moreau.
AFP