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La crise va doubler le déficit de la Sécurité sociale à 20,1 milliards d'euros en 2009, une mauvaise passe que le gouvernement compte traverser sans hausse des prélèvements, en se concentrant sur une maîtrise rigoureuse des dépenses.
Cette plongée du déficit (-10,2 mds en 2008), que doit annoncer la Commission des comptes de la Sécurité sociale (CCSS) dans son rapport au gouvernement lundi, s'explique par un effondrement des recettes du régime général (salariés), lié au retournement brutal de conjoncture.
La Sécurité sociale est très sensible aux fluctuations de l'emploi, ses recettes provenant essentiellement des cotisations sociales et des contributions comme la CSG, assises sur les revenus d'activité.
Les nouvelles prévisions de la CCSS ne seront officielles que dans l'après-midi. Mais sans surprise, elle prévoit un déficit creusé à 20,1 mds, a indiqué à l'AFP une source proche du dossier.
Ce n'est que la dernière d'une longue série de révisions à la hausse: l'an dernier, le gouvernement avait d'abord tablé sur un déficit de moins de 9 mds pour 2009, avant de rectifier le tir à 10,5 mds dans le budget de la Sécu, puis de procéder ensuite à des réévaluations au fur et à mesure que la crise révélait son ampleur réelle.
Selon ces prévisions, la branche maladie sera la plus déficitaire (-9,4 mds d'euros), devant la branche retraites (-7,7 mds). La branche famille affichera un déficit de 2,6 mds, tandis que la branche AT-MP (accidents du travail) aura un léger déficit de 0,3 md.
Aux déficits cumulés de ces quatre branches s'ajoutera celui du Fonds de solidarité vieillesse (FSV), évalué pour 2009 à -2,1 mds.
"Ce dérapage de la Sécurité sociale n'est pas dû à un dérapage des dépenses, mais, et c'est bien compréhensible, à un dérapage des recettes qui est lié à la crise", a souligné lundi la ministre de la Santé Roselyne Bachelot, au micro de France Info.
Alors que le gouvernement avait tablé pour 2009 sur une hausse de +2,75% de la masse salariale, il prévoit désormais un recul de 1,25%. Or, il est généralement admis qu'un point de masse salariale en moins prive le régime général de 2 milliards d'euros de recettes.
"Ce que je note, c'est que notre organisation de protection sociale, notre protection sociale solidaire, a joué parfaitement son rôle d'amortisseur social pour les plus démunis, pour les plus défavorisés", a-t-elle ajouté.
Mme Bachelot a par ailleurs réaffirmé la position constante du gouvernement face à ce dérapage sans précédent du déficit: "Il n'était pas question d'augmenter les prélèvements sur les ménages", a-t-elle précisé.
La ministre de la Santé et le ministre du Budget Eric Woerth, devraient donc insister, lors de leur conférence de presse en fin d'après-midi lundi, sur la nécessité de maîtriser les dépenses, et en particulier celles de la branche maladie.
M. Woerth a déjà annoncé la semaine dernière qu'il souhaitait s'appuyer sur "la lutte contre les abus", visant en particulier des postes où les dépenses connaissent de fortes hausses, comme les indemnités journalières (IJ) d'arrêt maladie.
Il a indiqué qu'il allait généraliser en 2010 une expérimentation en cours qui permet de suspendre le versement des IJ de la Sécu à un salarié en arrêt de travail, sur la base d'un avis négatif d'un médecin envoyé par l'employeur.
AFP