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La maquette trône dans une salle de classe de l'école Factory de Villeurbanne
Autour, Jonathan, Aymeric et leurs camarades de promo s'activent pour achever, d'ici à vendredi, l'une des pièces maîtresses de leur projet pédagogique. Depuis huit mois, ces étudiants en troisième année d'images 3D et première année d'Art de la scène et du cinéma travaillent d'arrache-pied pour reconstituer, à coup d'images de synthèse et de maquette ultraréaliste, la vie en bord de Saône, telle qu'elle existait au port Sablé (5e) au XVIe et XVIIIe siècle. Un voyage dans le temps réalisé à partir des découvertes réalisées entre 2002 et 2004 par l'Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap) sur le chantier de construction du parking Saint-Georges. « L'objectif était de se détacher du rapport scientifique et de rendre le résultat de ces fouilles accessibles au grand public », indique le directeur du centre de nouvelles images Factory, Christophe Crozier.
Après plusieurs mois de recherches, les étudiants ont réalisé un film d'animation de quatre minutes, décrivant une scène de la vie quotidienne au coeur du port Sablé. Embarqué sur les pas d'Esteban, un petit garçon du XVIe imaginé par les étudiants, le spectateur découvre les commerces et les personnages qui animaient, à l'époque, ce quartier lyonnais. Et rien n'a été laissé au hasard. Pour éviter tout anachronisme, les étudiants, supervisés par l'Inrap, n'ont reproduit que les objets (amphores, vases, assiettes...) ou les traces d'activités retrouvés lors des fouilles. Même les tenues vestimentaires des personnages évoluant au bord du fleuve ont fait l'objet de longues investigations aux Archives municipales de Lyon et au musée des Tissus. Et pour réaliser la maquette du Port Sablé, sur laquelle figure l'un des seize bateaux mis au jour au jour en 2003, les élèves se sont inspirés des gravures du quartier et du cadastre du XVIIIe siècle. « Ces recherches étaient indispensables car nous ne savions pas trop à quoi pouvait ressembler la vie à cette époque », explique l'un des étudiants, Jonathan, ravi de s'être investi dans ce projet « professionnel ». Leurs efforts ont visiblement porté leurs fruits, puisque l'Inrap envisage d'exploiter prochainement les travaux des futurs graphistes. « La maquette pourrait être exposée au parking de la Fosse-aux-Ours (7e), à côté de l'embarcation originale du XVIIIe, en restauration à Grenoble », indique l'ingénieur de recherches à l'Inrap Grégoire Ayala, qui a supervisé les étudiants.