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Les cent-cinquante sans-papiers qui occupaient la Bourse du travail depuis quatorze mois et qui ont été délogés jeudi 25 juin par la CGT, accusent l'organisation syndicale de les avoir violentés. Serge Fargeot, secrétaire administratif à la CGT de la Bourse du travail, contredit cette version. Entretien.
Le point de vue des sans-papiers
Le point de vue de la CGT
Certains sans-papiers, dont des femmes et des enfants, accusent les syndicalistes de la Confédération générale des travailleurs (CGT) de les avoir violentés. Que répondez-vous à cela?
Nous réfutons tout critère de violence. Nous avons choisi de déloger leurs affaires alors qu'ils étaient en manifestation, et donc absents des locaux, pour éviter toute confrontation. Il n'y avait aucun enfant et les trois femmes présentes dans le bâtiment sont sorties très rapidement. D'ailleurs, nous leur avons demandé de sortir, nous ne les avons pas poussés dehors. En revanche, des manifestants sans-papiers ont eu des gestes dangereux envers les syndicalistes. Certains ont jeté des meubles par la fenêtre contre les militants CGT mais heureusement personne n'a été blessé. D'autres ont arraché les bancs sur le trottoir et les ont lancés contre les fenêtres. C'est ce qui a motivé la venue des forces de l'ordre, nous ne les avions pas appelées à l'origine.
Comment en êtes-vous arrivés là?
Cette solution extrême a été douloureuse pour nous tous. Après quatorze mois de squat, deux cents heures de réunions, une trentaine de propositions refusées par la Coordination des sans-papiers de Paris (CSP 75) ... trop c'était trop! Nos conditions de travail étaient devenues difficiles. Pendant plus d'un an, les locaux ont été occupés et nous avons été obligés de délocaliser les syndicats. Nous étions parqués à un seul étage, tous les autres étant neutralisés par la CSP 75. Au niveau de l'hygiène, ça devenait pénible.
Quelles solutions avez-vous proposé aux sans-papiers?
Nous leur avons proposé de les aider à constituer leurs dossiers pour leur éviter les tracas administratifs, mais ils ont refusé. Nous leur avons également proposé un lieu pour qu'ils puissent travailler dans des conditions "normales", en vain. Pour les délégués de la CSP 75, la CGT est responsable du fait qu'aucun des ressortissants n'a été régularisé. Nous luttons pour que la loi permette au plus grand nombre d'être régularisé, mais nous n'avons pas le pouvoir de le faire. C'est au gouvernement et au patronat de porter le chapeau, pas à nous!
Pensez-vous que l'image de la CGT peut en pâtir?
Beaucoup de passants et de salariés nous ont apporté leur soutien. Ils nous demandaient: "Mais comment vous faites pour travailler dans ces conditions?". Les militants CFDT de Paris, qui savent que nous avons proposé sans relâche des solutions restées sans résultat, nous soutiennent aussi.
L'Express