Bienvenue à toutes et à tous sur mon blog politique. Vous y trouverez mes textes ou ceux de mes collaborateurs, des articles intéressants, des munitions idéologiques, des blagues pour vous détendre un peu dans ce monde de brut, et quelques photos et imag
"J'ai attendu toute ma vie pour que ce rêve devienne réalité", a déclaré au Monde Siddharth Dube, essayiste spécialiste de la pauvreté et l'un des premiers homosexuels indiens à avoir fait son "coming out" au début des années 1990. Le climat était alors adverse et Siddharth Dube a préféré s'exiler aux Etats-Unis et en Suisse avant de retourner récemment au pays. "Cette décision de la Haute Cour est un moment de libération", s'enthousiasme-t-il.
A l'instar de Siddharth Dube, l'ensemble de la communauté gay et lesbienne et tout ce que l'Inde compte d'esprits éclairés, dans les médias, à l'université ou à Bollywood, ont célébré l'événement, qualifié d'"historique". Certes, cela ne concerne pour l'heure que la juridiction de la ville de New Delhi. Mais l'onde de choc créée dans la capitale va inévitablement avoir un impact national. D'autres tribunaux régionaux pourraient suivre et, espèrent les associations d'homosexuels, le Parlement pourrait un jour être saisi pour abolir l'article litigieux. En attendant, c'est tout un environnement psychologique qui change pour les homosexuels indiens, dont le nombre est évalué à une vingtaine de millions. "On va cesser de vivre dans la peur", prévoit Siddharth Dube. Si la peine prévue par le code pénal était rarement appliquée - une cinquantaine de condamnations seulement depuis 1860 -, elle exposait les homosexuels à la honte, aux harcèlements policiers, aux chantages.
Mais l'affaire est loin d'être réglée. Car, en face, le camp conservateur se mobilise. Une fois n'est pas coutume, toutes les religions sont d'accord. Les porte-parole de l'Eglise catholique maintiennent que l'homosexualité est "contre nature", les mollahs l'assimilent à "l'anarchie sexuelle", les gourous hindous s'indignent qu'elle soit "contraire à la culture védique" et leurs homologues sikhs la tiennent pour attentatoire aux "enseignements du Guru Granth Shahib (livre saint du sikhisme)". La controverse ne fait que commencer.
Le Monde