L'objectif général est de favoriser les produits les plus respectueux de l'environnement. Reste à définir comment.
Economistes, industriels, syndicalistes et représentants des ONG sont réunis jusqu'à vendredi pour une "conférence de consensus". Leur objectif : définir la future "taxe carbone" ou "contribution climat-énergie". Dans les grandes lignes, il s'agit de taxer les produits les plus énergivores pour favoriser les plus respectueux de la planète et changer durablement le comportement des consommateurs. De quelle manière ? C'est tout l'enjeu de cette réunion.
> Taxer quoi ? Dans l'idéal, tout ce qui consomme du pétrole, du gaz ou du charbon pour réduire les émissions de gaz à effet de serre. La mesure pourrait commencer par être mise en place dans les secteurs des transports et du logement. Au-delà, taxer chaque yaourt ou steak pourrait relever du casse-tête.
> Taxer comment ? L'idée retenue dans la plupart des propositions est, pour l'essentiel, de taxer, à la source, le gaz, le charbon, le fioul et les carburants, taxe qui serait, en cascade, répercutée au consommateurs/utilisateurs. Sur la base de 32 euros la tonne de CO2, la taxe serait alors de cinq à six centimes le litre d'essence et un centime par kilowatt/heure de gaz, dit la Fondation Nicolas Hulot. Une taxe carbone pourrait également être instaurée aux frontières de l'Hexagone pour écarter les produits d'importation les moins respectueux de l'environnement.
> Taxer à quelle hauteur ? La secrétaire d'Etat chargée de l'Ecologie, Chantal Jouanno, l'a promis : la taxe carbone ne "portera pas atteinte au pouvoir d'achat". C'est une des principales inquiétudes exprimée par les syndicats et les associations de consommateurs. Le gouvernement a ainsi promis d'aider les ménages à changer leur comportement, par exemple en subventionnant l'installation de nouveau système de chauffage.
> Taxer quand ? Une nouvelle table ronde aura lieu le 9 juillet pour faire une synthèse. Le gouvernement espère de premiers arbitrages avant la fin du mois de juillet. La mise en oeuvre concrète, annoncée pour 2010, ne devrait cependant pas débuter avant 2011. Mais Michel Rocard, l'ancien premier ministre socialiste qui a été chargé de ce dossier environnemental, a prévenu : la mise en place d'une taxe carbone pourrait impliquer, à terme, la refonte de l'ensemble du système fiscal français. Ce qui pourrait prendre de longues années.
Les experts estiment que la "contribution climat-énergie" pourrait rapporter jusqu'à 9 milliards d'euros par an.
Source: Europe1.fr, Crédit photo: Max PPP Bloomberg News