Samedi. Parade festive dans Paris. Bon nombre de participants à la Gay Pride arborent un badge Les Verts-écologie. Par un contraste saisissant, les rues foulées par les manifestants sont dégueulasses. Le bobo fier de porter le badge écolo au milieu des immondices se rend-il compte de ce que le spectacle lamentable qu’il donne à voir dit le contraire de ce qu’il entend proclamer ?
Le produit d'une alliance tacite et tactique entre les industries culturelles, le discours publicitaire, les entreprises commanditaires et les médias de masse. Le règne de l’individu-roi, du désir tout puissant et d’une liberté sans entraves. Quel rapport avec l’écologie censée promouvoir une forme de sobriété collective et d’économie des ressources planétaires, qui entendent ménager le monde ? On cherche encore. C’est peut-être parce que l’écologie est aussi (surtout ?) un exutoire sociétal qu’elle accueille et autorise ainsi les tendances les plus contradictoires et les excès les moins défendables. Même ceux qu’elle prétend dénoncer. Un attrape-tout politique. Véritable vide-ordures, terre d’accueil de toutes les incohérences. Et même de toutes les indécences. Peut-on se revendiquer du socialisme et dîner au Bristol ? Soutenir le combat féministe et battre sa compagne en rentrant chez soi ? Lutter contre l’exploitation de l’homme par l’homme et traiter sa secrétaire comme un chien ? Le bobo fier de porter le badge écolo au milieu des immondices se rend-il compte de ce que le spectacle lamentable qu’il donne à voir dit le contraire de ce qu’il entend proclamer ?
Marianne 2