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FRANCE-SOIR. Quel premier bilan pouvez-vous dresser à ce jour des départs en vacances ?
MICHÈLE MERLI. Sans doute est-il encore un peu prématuré de prendre position à ce sujet, même s’il me semble qu’ils se déroulent plutôt bien. En revanche, les chiffres de juin ont été très mauvais : 408 morts, c’est trop, vraiment trop. Alors que nous étions sur une pente descendante, voilà une donnée qui vient « plomber » les statistiques. Bien que je sache que l’évolution des chiffres reste plutôt réconfortante sur les douze derniers mois, je me refuse à m’en satisfaire. Impossible d’être indifférente face aux victimes de la route. Il s’agit de personnes, de familles endeuillées, les lettres déchirantes de leurs proches que nous recevons nous le rappellent constamment.
Quels principaux enseignements retenez-vous de l’année que vous venez de passer à la tête de la Sécurité routière ?
Franchement, je ressens autour de moi une adhésion à la mission qui nous est confiée et une vraie passion à la réussir. Depuis 2002, la Sécurité routière est une grande cause nationale, instaurée par le chef de l’Etat de l’époque et un ministre de l’Intérieur devenu lui-même par la suite président de la République… Nicolas Sarkozy a même décidé de la renforcer en fixant un objectif ambitieux : moins de 3.000 morts par an sur la route d’ici à 2012. A la Sécurité routière, nous sommes donc très attachés à ce que cet objectif – qui dépend individuellement et collectivement de nous – soit atteint. A chacun d’entre nous de faire un effort pour respecter les règles. En matière de sécurité routière, nous sommes tous comptables et tous responsables !
Naturellement, nous allons poursuivre avec la même intensité les actions qui ont eu un bel impact et veiller à la meilleure articulation possible entre les réseaux associatifs, les préfectures, les collectivités territoriales, les ministères, qu’il s’agisse de l’Education nationale, de l’Intérieur, du Travail, de la Justice et du Développement durable. Tous les gestionnaires du réseau routier doivent travailler ensemble, dans un souci de cohérence. Afin que les routes soient plus respectables, plus lisibles, plus compréhensibles par tous… Outre la concertation avec les acteurs des deux-roues motorisés et d’autres projets que je vais m’efforcer de mener à bien, figure d’emblée la réforme du permis de conduire. Demandée par le président de la République et décidée par le Comité interministériel de la sécurité routière (CISR) le 13 janvier 2009, présidé par le Premier ministre, cette réforme est le fruit d’une vaste concertation de tous les partenaires et c’est avec eux qu’elle se met progressivement en place. C’est un dossier essentiel, dès lors que le permis de conduire constitue la reconnaissance officielle que l’Etat accorde à une personne de se mouvoir sans danger pour elle et pour les autres sur l’espace public qui nous concerne tous.
Certes, mais que répondez-vous aux Français, semble-t-il de plus en plus nombreux, qui considèrent qu’au nom de cette noble mission qu’est la Sécurité routière sont appliquées des politiques préventives et répressives quelque peu excessives ?
En matière de sécurité routière comme en tout, il faut bien fixer des limites. Etre majeur à 18 ans, cela signifie clairement qu’il y a un « avant » et un « après »… Il en va de même en matière de circulation où il existe des signaux qui ont un sens fort. Comme les manquements aux règles expliquent neuf accidents sur dix, le Code de la route devrait donc s’appeler le Code de la sécurité routière. Simplement, quand on édicte des règles, il faut s’assurer qu’elles soient correctes. Je vous accorde donc qu’en certains points du territoire français la vitesse autorisée n’est pas claire. Sur cet aspect, nous devons progresser. Sans doute convient-il de revoir ici et là certaines limites ou localisations, parfois discutables, mais je crois que les préfets, en accord avec les gestionnaires de la voirie, peuvent apporter de vraies réponses, très « ajustées », et rendre la route parfaitement cohérente. Cela dans le cadre des commissions consultatives d’usagers qui sont mis en place dans tous les départements. Pour autant, il ne saurait être question de remettre en cause la limitation à 50 kilomètres/heure. Pourquoi ? Pas seulement parce qu’elle est appliquée partout en Europe, mais encore parce qu’elle représente, en ville, le meilleur rapport entre la fluidité de la circulation et le risque minimal pour les personnes vulnérables. La remarque vaut également pour le seuil de 130 km/h sur les autoroutes, puisqu’il est aujourd’hui admis que cette vitesse est la plus propice à la limitation du nombre des accidents.
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