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Un rapport administratif commandé par le ministère de l'Enseignement supérieur sur un trafic présumé de diplômes au bénéfice d'étudiants chinois a mis en cause des "recrutements douteux d'étudiants étrangers" à l'université de Toulon, selon Le Monde daté de jeudi.
La présidence de cette université "est fortement soupçonnée d'avoir mis en place les conditions favorisant des recrutements douteux d'étudiants étrangers", a indiqué Le Monde en se référant au rapport rédigé par l?Inspection générale de l?administration de l?Education nationale et de la Recherche (IGAENR).
Interrogé sur le contenu des révélations du Monde, le ministère n'a pas voulu les commenter.
La ministre Valérie Pécresse "attendra le retour du rapport d?enquête administrative de l'IGAENR sur l'université de Toulon après la phase contradictoire pour s'exprimer", a réagi le ministère.
Le rapport rédigé par trois inspecteurs généraux a en effet été remis aux personnes mises en cause pour qu'elles donnent leur version des faits.
"La ministre tirera toutes les conclusions et prendra toutes les mesures nécessaires dans l'intérêt de l'université, de ses étudiants et de ses personnels. Il en va de la crédibilité et de l'image de l'université de Toulon et des universités françaises", a assuré le ministère dans un communiqué.
Le ministère a dépêché en avril une mission de l'IGAENR, après des révélations du Monde sur un trafic présumé de diplômes présumé au bénéfice d'étudiants chinois à l'université de Toulon.
Une instruction judiciaire pour corruption, ouverte fin mars à Marseille, est en cours.
Ce rapport, selon Le Monde qui a pu le consulter, écarte la responsabilité de l'Institut d'Administration des entreprises (IAE) de l'Université de Toulon, qui avait été d'abord mis en cause. Il critique en revanche certaines pratiques du président de l'Université, Laroussi Oueslati, conseiller régional (Parti radical de gauche), selon Le Monde.
M. Oueslati n'a pas pu être joint par l'AFP.
Selon Le Monde, il aurait contourné les commissions de sélection des candidats étrangers et "transféré les dossiers d'environ 140 étudiants chinois directement à l'agent chargé des inscriptions administratives".
"Arrivés plus tardivement en cours et ne parlant pas ou peu le français, ces étudiants ont d'ailleurs vite été appelés +les étudiants-président+, selon une enseignante citée par le rapport", indique Le Monde.
"Ces irrégularités, au moment où elles se produisaient, ont été signalées au président et à son équipe par l'administration de l'université. Le président et son équipe n'ont pas souhaité en tenir compte", selon le rapport cité par Le Monde.
Cependant, selon Le Monde, "les inspecteurs généraux ne vont pas jusqu'à évoquer l'existence d'un trafic institutionnalisé à but lucratif de places ou de diplômes".
En avril, le ministère avait indiqué que les premières investigations avaient montré "de fortes suspicions de corruption", mais "localisée" à cette université.