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La société Challancin, qui a succédé à Vigimark dans le gardiennage des gares parisiennes, reprendra les quelque 500 salariés de cette entreprise, y compris les maîtres-chiens sans papiers dont la régularisation est en cours, a-t-on appris mercredi de sources syndicales.
"Il y a eu un engagement entre la SNCF et Challancin qui dit que cette société doit reprendre tous les salariés de Vigimark en lien avec des contrats de gardiennage, y compris les maîtres-chiens sans papiers", a indiqué à l'AFP Laurent Russeil, de la fédération CGT Cheminot.
La SNCF avait annoncé le 17 juillet qu'elle résiliait le contrat de gardiennage des gares parisiennes avec Vigimark, qui employait des maîtres-chiens sans papiers.
Auparavant, le ministre de l'Immigration, Eric Besson, s'était saisi du dossier et avait notamment pointé "la responsabilité du donneur d'ordre", la SNCF.
"La régularisation des sans-papiers est en marche", s'est félicité le syndicat Sud Rail dans un communiqué.
"Les dossiers des 39 salariés sans-papiers sont déposés à la préfecture", a affirmé Christian Mahieux (Sud), précisant que cela faisait suite à des discussions avec le ministère de l'Immigration et la direction de la SNCF.
"On a eu des engagements du ministère sur 39 personnes, qui seront régularisées pour différents motifs, familiaux pour certains, professionnels pour d'autres", a-t-il expliqué, relevant qu'il n'y avait toutefois pas eu d'engagement sur une date de régularisation.
Mardi, Eric Besson a une nouvelle fois demandé que les sanctions prévues par la loi s'appliquent aux entreprises concernées.
Il a également demandé à la SNCF de vérifier la situation de l'ensemble des agents de sécurité présents dans ses gares, et aux préfectures d'Ile-de-France d'effectuer une campagne de contrôle systématique des agents de sécurité présents dans les gares de la région.
Dans une lettre ouverture adressée au président de la SNCF Guillaume Pepy, dont l'AFP a eu copie mercredi soir, la société Vigimark Surveillance accuse la SNCF de lui avoir porté un "coup fatal", qui "va nous tuer, soyez-en sûr", "sans résoudre en rien et durablement sur le fond la problématique en cause de l'emploi des sans-papiers".
La lettre, intitulée "la SNCF m'a tuée" et signée du président du groupe Vigimark Jean Luc Lattuca, insiste sur les "responsabilités de donneur d'ordre" de M. Pepy.
"Vous n'échapperez pas à vos responsabilités (...) de fossoyeur d'un groupe dont la mise au tapis hâtive, dans un premier temps, de 600 de ses employés, ne va pas manquer à court terme de mettre en péril un effectif de plus de 2.000 autres collaborateurs", dénonce-t-il.
Soulignant que depuis 2005, date à laquelle Vigimark Surveillance a repris certains marchés externalisés de prestation de sécurité privée, suite à la liquidation du précédent fournisseur, "nous n'avons eu de cesse d'informer vos services de la situation déplorable dans laquelle votre pourtant très grande entreprise nationale avait laissé échoir les contrats initialement prestés par la société Magg Sécurité", explique-t-il.
Déplorant les "méthodes pour le moins expéditives" de la SNCF, il rappelle avoir interpellé la SNCF dès novembre 2008 "sur la situation de travailleurs dits en situation irrégulière", qui "s'étaient fait embaucher -bien avant 2005- au sein d'un de vos précédents prestataires".