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Bienvenue à toutes et à tous sur mon blog politique. Vous y trouverez mes textes ou ceux de mes collaborateurs, des articles intéressants, des munitions idéologiques, des blagues pour vous détendre un peu dans ce monde de brut, et quelques photos et imag

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Espagne : un crédit ou je tire !

Il ne fait pas bon être banquier en Espagne... les braquages se multiplient à une vitesse vertigineuse, et le gouvernement espagnol ne parvient pas à endiguer le phénomène. Alors, en désespoir de cause, il a eu une idée lumineuse: faire du braquage de banque un «risque professionnel».

Un braquage en Espagne ? Bof, c’est les risques du métier... Littéralement ! Les braquages de banque ont été officiellement classés comme « risques professionnels » par le gouvernement espagnol, comme le révèle un article de The Independent.

En deux ans, les braquages de banque ont enregistré une hausse de 20% en Espagne. La plupart de ces braqueurs font leurs débuts dans le métier. Des citoyens lambda comme on dit, qui s’y sont mis avec la crise.
C’est, en tout cas, le diagnostic établi par Francisco Perez Abellan, qui dirige le service de criminologie à l’université Camilo Jose Cela de Madrid, cité par The Independent : « Ce sont des gens qui ne peuvent plus maintenir leur niveau de vie, et qui se tournent donc vers le crime ». C’est aussi simple que ça.

L’analyse de Jose Manuel Murcia, du service de la sécurité du secteur financier des syndicats espagnols, est encore plus cinglante, et mathématique : en trois points. « Il y a le chômage, il y a la faim, et il y a de l’argent dans les banques… et les trois facteurs s’emboîtent. Les banques refusent les crédits, alors les entreprises ont des problèmes… Les gens ne peuvent pas payer leurs emprunts. Donc, c’est…. logique, de braquer une banque. »

Suivent des exemples cruellement ordinaires. Un homme qui aurait volé 80 000 euros, dans quatre banques différentes, avant de se faire prendre par la police alors qu’il se préparait à un cinquième cambriolage, près de Barcelone. Il a expliqué qu’il avait utilisé l’argent pour payer ses ouvriers, et financer les études de sa fille, à Londres.

D’autres cas « typiques » ? Des travailleurs venus d’Amérique du Sud ou d’Europe de l’Est, attirés en Espagne par la bulle immobilière. Ils sont maintenant sans emploi, et ils braquent des banques.

Finalement, le plus troublant, ce n’est pas de se tourner vers l’illégalité pour s’en sortir. Non. C’est que, dépassée par les événements, croulant sous la crise financière comme sous une marée inattendue, l’Espagne jette l’éponge et se laisse emporter. Et se borne, face à ce nouveau phénomène de société, à gratifier les banquiers d’une prime de risque. Si le braquage reste un crime juridiquement, politiquement, socialement, il est admis. En entrant officiellement dans la vie quotidienne via le code du travail, il est reconnu. Il entre dans les mœurs.

Et puis, les banques, ces coupables désignées de la crise, ne sont-elles pas les cibles idéales ? S’attaquer aux banques, c’est presque rationnel. Ou, comme le dit Jose Manuel Murcia, en tout cas, c’est « logique ». Et la logique, cela s’excuse. Ou au moins, ça se comprend, ça se laisse ranger dans des cases. En officialisant le problème, l'Espagne l'installe. Et dit tout simplement qu'elle ne le règlera pas, qu'elle n'essaiera pas de le régler. Que ce désespoir-là la dépasse. Ou, peut-être même qu'elle s'en fiche, et qu'il faudra s'y habituer. Après tout pourquoi pas ? On s'habitue à tout.

Marianne 2
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