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La saisie la plus spectaculaire a eu lieu dans le village de Camplong (Hérault). La cache recelait du nitrate d'ammonium - à partir duquel on peut fabriquer l'ammonal, un explosif fréquemment utilisé par l'ETA -, plusieurs dizaines de détonateurs, du cordon détonant, de très nombreuses munitions et, surtout, du matériel électronique en quantité suffisante pour confectionner des dizaines de bombes ventouses, selon le ministère de l'intérieur espagnol.
Une autre cache de l'organisation clandestine avait été découverte la veille à Ferrières (Hautes-Pyrénées). Aitzol Etxaburu, Alberto Machain et Andoni Sarasola, les trois activistes arrêtés la veille, y disposaient notamment de cent kilos de nitrate d'ammonium et de douze litres de nitrométhane, qui renforce l'effet explosif. La troisième cache, située à Hélette (Pyrénées-Atlantiques), présentait un intérêt moindre.
Ces trois découvertes confortent les enquêteurs dans le constat que l'ETA préfère aujourd'hui éparpiller ses caches de matériel sur le territoire français, comme elle le fait déjà depuis longtemps avec ses commandos. Il y a quelques années, l'organisation concentrait sur quelques grands lieux de stockages ses armes et explosifs dans des zulos ("trous"), dont l'un, découvert le 16 juillet 2002 à Rivière (Landes), avait été surnommé "Tchernobyl" par l'ETA elle-même tellement il était achalandé en explosifs (trois cents kilos), lance-roquettes, fusils d'assaut, pistolets-mitrailleurs et munitions.
Bien qu'importantes, ces saisies sont donc probablement loin de laisser démunie l'organisation indépendantiste. Les enquêteurs rapportent le matériel découvert aux différents vols commis par l'ETA, par exemple les 1 300 kg de poudre d'ammonium dérobés le 22 décembre 2005 à l'usine Radium Bronze d'Heudebouville, en Normandie.
En outre, la police retrouve surtout des explosifs, mais peu d'armes ou d'argent. Elle est loin d'avoir récupéré les 344 revolvers volés le 23 octobre 2006 à Vauvert (Gard). Les circuits de financement de l'ETA paraissent encore opérationnels. Entretenir la centaine de clandestins qui seraient cachés en France coûte cher.